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Le Festival Vie L’Art Joie

Le Festival Vie L’Art Joie

Photo de Mossi Bigirimana

Un événement aux couleurs et aux rythmes du Burkina Faso

Dans le cadre paisible de La Sarraz, la troisième édition du Festival Vie L’Art Joie s’est déroulée du 3 au 6 septembre, réunissant des personnes venues d’horizons différents autour de la culture burkinabè. Retour sur une journée au sein de cet événement qui a permis d’offrir un espace de rencontre et de découverte.

Pendant quatre jours, l’association La Filature a créé un espace de dialogue entre la Suisse et le Burkina Faso, porté par la volonté de célébrer l’art, la solidarité, le métissage et la diversité. Le Festival Vie L’Art Joie a ainsi proposé concerts, danses, expositions, artisanat, gastronomie et rencontres citoyennes, constituant un véritable carrefour culturel, et ce dans une ambiance conviviale.

Le vendredi, l’ambiance était particulièrement chaleureuse. Habitants de La Sarraz, membres de la diaspora, visiteurs venus de différentes régions et amateurs de culture se sont retrouvés pour célébrer l’art et le partage.

L’art burkinabè au cœur de La Filature

Le vernissage de l’exposition « Zëka – Terres Rouges » constituait l’un des temps forts de cette journée. Réunissant plusieurs artistes burkinabè, l’exposition proposait un regard sur la création contemporaine du Burkina Faso à travers la peinture, la sculpture, la photographie et le design. Les œuvres présentées témoignaient d’une création à la fois enracinée dans les réalités du pays et ouverte aux influences contemporaines. Elles invitaient le public à découvrir le Burkina Faso autrement, à travers les regards et les sensibilités de ses artistes.

L’exposition trouvait naturellement sa place dans la philosophie du festival : permettre au public de découvrir des expressions artistiques différentes et favoriser les échanges entre les cultures.

Sako Wana, un griot des temps modernes

La musique a progressivement pris possession des lieux, avec notamment la prestation de Sékouba Koita, alias Sako Wana. Artiste multi-instrumentiste, il s’inscrit dans la tradition des griots. Dans de nombreuses sociétés d’Afrique de l’Ouest, la figure du griot apparaît comme un gardien de la mémoire, mais aussi comme un créateur. Grâce à la musique, aux récits et à la transmission, il fait vivre les traditions et permet aux nouvelles générations de mieux connaître leur histoire et leur héritage.

Sako Wana revendique cependant une approche résolument contemporaine, son répertoire traversant le Bamana Blues, l’Afrobeat, le reggae et les musiques ancestrales du Mandé. De ces influences, il fait émerger un style qui lui est propre : le Djankafro, qui ne cherche pas à opposer tradition et modernité, mais à les faire dialoguer, tout en leur conférant une énergie qui s’est rapidement communiquée au public.

Une rencontre entre la diaspora et la population locale

Au-delà des prestations artistiques, la soirée a été marquée par la diversité des personnes présentes. Des Burkinabè établis en Suisse ont retrouvé, à travers la musique et les échanges, une partie de leur univers culturel. Pour d’autres visiteurs, cette rencontre constituait une occasion de découvrir des traditions, des sonorités et des expressions artistiques nouvelles. La présence d’un représentant de la commune de La Sarraz témoignait également de l’ancrage local de cette manifestation, qui a fait de la diversité culturelle un élément de rapprochement.

Autre présence remarquée : celle de Sabine Bakyono Kanzie, ambassadrice du Burkina Faso en Suisse. Sa participation a donné une dimension particulière à cette rencontre, soulignant l’importance de la culture au sein de la diaspora burkinabè. Lors de son intervention, l’ambassadrice a évoqué la symbolique de la terre rouge : bien au-delà de l’art, cette couleur chaude et emblématique représente le pays lui-même, incarnant les racines, les souvenirs et une identité qui continue de faire vivre le lien avec la terre natale.

Dans un contexte où les parcours migratoires sont souvent marqués par la distance et la séparation, ces moments de rencontre prennent une résonance particulière. La culture devient un moyen de maintenir un lien avec le pays d’origine, tout en permettant au pays d’accueil de découvrir cette richesse.

Faire de la vie un art de joie

Avec cette troisième édition, le Festival Vie L’Art Joie a ainsi confirmé son ambition de faire de la culture un espace de rencontre pour la population. À travers l’art, le public a pu découvrir différentes facettes du Burkina Faso. Mais au-delà des œuvres et des concerts, c’est surtout une rencontre humaine entre pays, traditions et cultures qui s’est construite.

Ainsi, qu’il s’agisse d’artistes venus transmettre leur créativité, d’une diaspora souhaitant partager ses racines, d’habitants curieux, de représentants institutionnels ou de bénévoles, toutes ces personnes étaient réunies autour d’un projet commun : le vivre-ensemble.

Bernice Koly et Mossi Bigirimana

Membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils

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