Sous la loupe – Tchad : la crise humanitaire s’aggrave dans le camp d’Ouré-Cassoni / États-Unis : des personnes migrantes détenues dans des minicellules grillagées / Suisse : une « taxe sur l’immigration » envisagée par le Conseil fédéral
Tchad : la crise humanitaire s’aggrave dans le camp d’Ouré-Cassoni
Dans l’est du Tchad, plus de 117 000 réfugiés vivent dans des conditions difficiles au camp d’Ouré-Cassoni, selon un article de Médecins Sans Frontières (MSF) publié le 14 septembre. Depuis le début de la guerre au Soudan en 2023, de nombreux réfugiés soudanais ont fui les violences pour trouver sécurité et protection. L’afflux de population dans le camp accroît les besoins en nourriture, en eau et en soins médicaux, alors que les ressources humanitaires restent insuffisantes.
Le manque d’eau est particulièrement préoccupant : chaque personne reçoit environ deux litres par jour seulement. Les maladies, notamment la diarrhée et les infections respiratoires, sont fréquentes, tandis que les enfants souffrent également de malnutrition. Le camp ne dispose que d’un seul centre de santé et l’accès aux soins secondaires reste limité. Parallèlement, l’aide humanitaire diminue en raison du manque de financements. MSF doit ainsi prendre en charge davantage de personnes avec des moyens qui ne cessent de diminuer. L’organisation appelle à faire d’Ouré-Cassoni une priorité et demande l’envoi de ressources supplémentaires afin de répondre aux besoins des personnes réfugiées et d’améliorer leurs conditions de vie.
États-Unis : des personnes migrantes détenues dans des minicellules grillagées
Selon un article du journal Le Monde publié le 15 septembre, au moins 79 personnes ont été enfermées, entre juillet 2025 et janvier 2026, dans des minicellules grillagées au centre de rétention surnommé « l’Alcatraz des alligators », en Floride. Ces cellules, d’environ 1 mètre 30 de côté et 2 mètres 40 de haut, étaient présentées comme des « espaces de calme » par le personnel. Pourtant, les enquêteurs ont constaté la présence de mécanismes de verrouillage, malgré les affirmations selon lesquelles les personnes migrantes n’étaient pas enfermées à clé. La durée d’enfermement variait de quelques minutes à près de deux heures.
Selon l’enquête du ministère de la Sécurité intérieure, le recours à ces espaces restreints ne respecte pas les normes relatives à la dignité humaine. Le rapport souligne également que l’utilisation de ces minicellules présente des risques significatifs pour la santé et le bien-être des personnes détenues, quelle que soit la raison de leur enfermement. Le centre de rétention est désormais fermé suite à une décision de justice.
Suisse : une « taxe sur l’immigration » envisagée par le Conseil fédéral
D’après un article de la RTS publié le 7 septembre, le Conseil fédéral se montre ouvert à l’idée d’une « taxe sur l’immigration », alors qu’il s’y était opposé en 2023. Cette proposition intervient dans un contexte tendu de croissance de la population et de débats sur l’immigration. Elle consisterait à faire contribuer financièrement les personnes immigrées qui bénéficient des infrastructures et des services publics, afin que ces ressources puissent profiter à l’ensemble de la population.
Pour l’instant, cette taxe n’existe pas et aucune décision définitive n’a été prise. Le projet doit encore être étudié, notamment pour en déterminer les modalités et les bases légales, avant d’être discuté et soumis au vote du Parlement. La députée écologiste Delphine Klopfenstein Broggini a toutefois exprimé son inquiétude face à un éventuel durcissement de la politique migratoire : « la migration rapporte clairement à la Suisse. Sans cette force de travail, la Suisse n’aurait pas la richesse qu’elle a aujourd’hui. »
Ce podcast a été réalisé par :
Bernice Koly, Christian Guerrero Pinto et Simon Schachter
La rédaction vaudoise de Voix d’Exils



