Sous la loupe – Suisse : le SEM recommence à statuer sur les demandes d’asile des réfugiés syriens / Tchad : l’espoir de migrer en Europe pour les personnes ayant fui la guerre au Soudan / Suisse : la justice fédérale a été saisie pour faire reconnaître la persécution collective des Gazaouis
Suisse : le SEM recommence à statuer sur les demandes d’asile des réfugiés syriens
Dans un communiqué de presse du 17 avril, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) a annoncé qu’il reprendra, dès le 1er mai 2026, l’examen des demandes d’asile des ressortissants syriens. Les procédures avaient été suspendues fin 2024 après les changements politiques en Syrie. Cette décision de reprise fait suite à une réévaluation de la situation sur place, notamment après une mission menée en 2025. Environ 850 demandes sont actuellement en attente.
Le SEM estime que toutes les régions de Syrie ne sont plus touchées par une violence généralisée, même si la situation reste instable et difficile pour de nombreuses personnes. Parallèlement, un programme d’aide au retour volontaire est mis en place pour les Syriens souhaitant rentrer dans leur pays d’origine. Le soutien financier européen au retour, à hauteur de 2’600 euros par personne, est à présent complété par une aide suisse supplémentaire de 1’000 francs par personne. Toutefois, le SEM considère que, pour beaucoup de demandeurs, les conditions ne sont pas encore réunies pour un retour sûr, en raison des problèmes sécuritaires, économiques et humanitaires persistants en Syrie.
Tchad : l’espoir de migrer en Europe pour les personnes ayant fui la guerre au Soudan
Selon un article de RFI publié le 20 avril, plus d’un million de Soudanais ont fui leur pays à cause des conflits depuis 2023, notamment vers les régions voisines du Tchad, et se sont retrouvés dans des camps. Parmi ceux-ci, le camp d’Abougoudam, situé près de la ville d’Abéché, a été créé par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Ce camp accueille principalement des Arabes soudanais, une ethnie discriminée associée à un groupe paramilitaire accusé de massacres ethniques.
Les conditions de vie des déplacés soudanais dans la région sont très difficiles : manque de nourriture, d’assistance et de possibilités d’emploi. De plus, les camps de taille modérée comme Abougoudam, qui accueille moins de 1’000 personnes, ne sont pas éligibles au déploiement de certaines aides humanitaires. Face à cette situation, certaines personnes réfugiées continuent d’espérer un départ vers l’Europe, malgré les dangers et les obstacles du parcours migratoire. Cette crise vient une fois de plus illustrer la gravité de la guerre au Soudan et ses conséquences dramatiques sur les populations civiles.
Dans un article du 25 avril, la RTS explique que la justice fédérale suisse a été saisie pour déterminer si les personnes originaires de la bande de Gaza doivent être reconnues comme victimes d’une persécution collective, ce qui leur permettrait d’obtenir plus facilement le statut de réfugié. C’est le Centre Social Protestant (CSP) de Genève qui a recouru auprès du Tribunal administratif fédéral pour contester le refus de la demande d’asile d’une famille ayant fui la bande de Gaza. Actuellement, la Suisse examine les demandes d’asile de manière individuelle et accorde principalement des admissions provisoires, contrairement à certains pays comme la France qui ont déjà reconnu un statut de réfugié aux Gazaouis à travers leurs tribunaux.
Les défenseurs de cette démarche estiment que la situation à Gaza est marquée par des violences généralisées, des destructions massives et des conditions de vie très difficiles. Cela concerne l’ensemble de la population et pas seulement des cas individuels. Ils demandent donc que la Suisse adapte sa pratique, tandis que les autorités restent prudentes et continuent d’appliquer une approche stricte du droit d’asile.
Ce podcast a été réalisé par :
Reza Rezaee, Maysoun Imbayyah et Baptiste Cavassini
La rédaction vaudoise de Voix d’Exils



