Sous la loupe – Monde : la RDC et les Etats-Unis signent un accord sur l’accueil de personnes migrantes expulsées du sol états-unien / Suisse : le quotidien des requérants d’asile dans les centres fédéraux / Liban : le calvaire des déplacés porteurs de handicap
Selon un article du 6 avril publié par RFI, un accord a été conclu entre Kinshasa et Washington. Celui-ci indique que la RDC accueillera des ressortissants de pays tiers expulsés par les États-Unis. Le gouvernement congolais a indiqué que ce dispositif serait temporaire, sans préciser le nombre de personnes concernées. Il a également précisé que les dossiers seront examinés individuellement et qu’aucun transfert automatique ne sera autorisé.
L’ONG Justicia ASBL a estimé que cet accord restait vague et que ni la population congolaise, ni les députés nationaux, ni les sénateurs n’en avaient été informés. Différents acteurs de la société civile ont exprimé leurs inquiétudes face à cette décision, en raison de difficultés de gestion déjà existantes au sein de la RDC. Cet accord s’inscrit dans une coopération renforcée entre les deux pays, notamment dans les domaines sanitaire et économique. Les États-Unis ont fait une promesse de 900 millions de dollars à la RDC afin de soutenir ces deux secteurs. Le gouvernement états-unien est, de plus, intéressé par les ressources minières du sol congolais.
Suisse : le quotidien des requérants d’asile dans les centres fédéraux
Dans l’émission « Tribu » de la RTS, diffusée le 3 avril, l’anthropologue Megane Lederrey a présenté son livre « Les centres fédéraux d’asile ». Elle y rappelle que ces centres, mis en place pour accélérer les procédures, accueillent les requérants d’asile pour une durée maximale de 140 jours. Soit le temps que leur demande puisse être traitée, donnant lieu à une attribution à un canton ou à un renvoi. À partir de ses observations et de nombreux témoignages, elle les décrit comme de véritables « boîtes noires », où le quotidien est entièrement rythmé par des règles strictes : horaires imposés, couvre-feu, contrôles systématiques et promiscuité dans de grands dortoirs. Les journées sont surtout marquées par l’attente et la perte d’autonomie.
Dans ce contexte, Megane Lederrey met en évidence des effets concrets sur les conditions de vie, notamment en matière de santé. Si un accès aux soins existe en théorie, elle décrit, à partir des témoignages recueillis, des restrictions importantes, en particulier pour le suivi psychologique, alors même que beaucoup de personnes ont vécu des situations traumatiques. Elle parle aussi d’un environnement déshumanisant, fait d’isolement, de bruit constant et de transferts fréquents, qui empêche de se reconstruire. La gestion de ces centres, confiée à des entreprises privées mandatées, s’inscrit dans une organisation très cadrée, centrée sur le contrôle, avec peu d’accompagnement social. Face à ce constat, elle propose d’autres modèles possibles, avec des structures plus petites et un encadrement plus humain, qui permettraient aux personnes de retrouver un quotidien plus stable et aideraient à réduire les tensions et les conflits dans la société.
Liban : le calvaire des déplacés porteurs de handicap
Selon un article du 31 mars de Yahoo Actualités, plus d’un millier de personnes déplacées ont été accueillies sous le stade Camille Chamoun à Beyrouth. Il s’agit de l’un des rares sites de la capitale qui ait la capacité nécessaire pour loger les nombreuses personnes fuyant les frappes israéliennes. Il ne s’agit toutefois pas d’un lieu d’hébergement, comme rappelé par le directeur du stade, dont les portes ont ouvert dès le lendemain des ordres d’évacuation.
Une cinquantaine de personnes en situation de handicap ont également trouvé refuge sous les gradins. Leur situation est particulièrement précaire : les lieux ne sont pas adaptés et elles dépendent des autres pour se déplacer. Aucune solution d’évacuation n’a été prévue pour les personnes en situation de handicap physique, malgré un plan proposé par un syndicat. Au milieu des tentes et des sanitaires insuffisants, la peur des frappes israéliennes règne toujours. Au total, plus d’un million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du Liban.
Ce podcast a été réalisé par :
Lida Ortiz Ospino, Mohammad Esmaeil, Timothée Velychko, Pauline Chakoua et Baptiste Cavassini
La rédaction vaudoise de Voix d’Exils



