Apprendre un métier, tisser des liens et reprendre confiance
Chaque semaine, des femmes venues de différents horizons se retrouvent à l’atelier couture de l’EVAM pour apprendre, créer et partager leurs expériences. Entre intégration, développement de compétences et création de liens sociaux, cet atelier constitue une étape importante dans leur parcours.
Parmi les participantes figure une femme originaire de Géorgie. Dans son pays, elle a travaillé pendant 37 ans comme infirmière. En Suisse, elle a découvert la couture grâce à l’atelier proposé par l’EVAM, une activité qu’elle apprécie particulièrement : « J’aime beaucoup la couture. Au début ce n’était pas facile, mais petit à petit j’ai appris », nous confie-t-elle.
Au fil des mois, elle a réalisé plusieurs créations, notamment des sacs et des travaux de broderie. Aujourd’hui, elle est fière de ses réalisations et souhaite continuer à pratiquer la couture à la maison tout en poursuivant son apprentissage du français.
Pour elle, l’atelier apporte bien plus que des compétences techniques : « C’est bon pour le moral. J’y rencontre des amis et cela m’aide à pratiquer le français. »
Un accompagnement qui va au-delà de la couture
Comme l’explique la responsable de l’atelier, Susana Tobias, le point fort du programme réside dans son orientation : « Ici, nous sommes tournés vers des projets extérieurs. Nous collaborons avec des communes, des associations, des paroisses ou encore des maisons de quartier. »
L’atelier collabore notamment avec des projets de l’EVAM ainsi qu’avec des associations externes. Les participantes peuvent ainsi découvrir différentes facettes du métier et développer des compétences transférables vers le marché du travail.
Même si les débouchés dans le domaine de la couture restent limités, l’objectif est de permettre aux participantes d’acquérir une expérience la plus complète possible, notamment dans les travaux de retouche et de confection.
La force du collectif
L’un des aspects les plus importants de l’atelier est le travail en équipe : « Nous essayons de développer la solidarité entre les participantes. Celles qui maîtrisent certaines techniques aident celles qui débutent », souligne Susana. Cette entraide favorise non seulement l’apprentissage, mais aussi la confiance en soi, l’ouverture aux autres et le sentiment d’appartenance à un groupe.
L’atelier permet également de donner une visibilité au travail réalisé. Certaines créations sont présentées ou vendues lors d’événements, offrant ainsi une reconnaissance concrète aux participantes : « Quand quelqu’un est prêt à payer pour une création, cela valorise beaucoup la personne qui l’a réalisée ».
Un tremplin vers la suite
Pour plusieurs participantes, l’atelier couture aura été un point de départ. L’une d’elles a poursuivi son engagement au sein des ateliers de l’EVAM, cette fois dans le domaine créatif ; la couture avait été sa première expérience de travail en équipe. Quant à la participante d’origine géorgienne, elle a prolongé son parcours dans le textile : elle participe aujourd’hui à un atelier de tissage auprès de l’institution Eben-Hézer.
Ces trajectoires illustrent la vocation de l’atelier couture de l’EVAM : offrir aux participantes un premier appui à partir duquel poursuivre leur chemin.
Yahya Nkunzimana
Membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils















