Le Salon de l’emploi pour les migrant·e·s et réfugié·e·s
L’Université de Lausanne (UNIL) a accueilli pour la première fois un salon de l’emploi entièrement dédié aux personnes migrantes et réfugiées. Organisé par l’association Together en partenariat avec la Faculté HEC Lausanne, l’événement a rassemblé entreprises, institutions et chercheurs d’emploi autour d’un objectif partagé : ouvrir des perspectives professionnelles et redonner confiance à des talents souvent invisibilisés. Entre échanges, ateliers et rencontres inspirantes, cette journée a marqué un pas concret vers une intégration plus inclusive sur le marché du travail suisse.
Le 17 septembre 2025, le hall du bâtiment Internef de l’UNIL était très animé. Ce jour-là, ce ne sont pas les étudiants de Droit et d’HEC qui peuplaient les couloirs, mais près d’un millier de personnes migrantes et réfugiées venues de tous les horizons. Pour cet événement inédit en terres vaudoises, les organisateurs s’attendaient à quelque 400 participants mais en ont reçu plus du double. Dans les allées bondées, on se frayait un chemin entre les stands de Nestlé, des Transports Lausannois (tl), des Nations Unies ou encore de Holy Cow!. À chacune des deux entrées, des recruteurs distribuaient sourires et cartes de visite. Certains employeurs venaient chercher de nouveaux talents et d’autres offraient leur expertise à travers des ateliers de rédaction de CV, de simulation d’entretien ou de création de profil LinkedIn.
Ce salon est né de l’initiative de Yuriy Semenich, membre de Together, et s’inscrit dans un contexte particulier : la Suisse cherche à favoriser l’intégration professionnelle des personnes réfugiées. Au-delà des chiffres et des CV échangés, l’événement a révélé une réalité profonde : les talents en quête d’avenir veulent faire de leur parcours d’exil une force et non un frein.
Un espace de dignité et de dialogue
Le Salon de l’emploi pour les personnes migrantes et réfugiées a ouvert un espace symbolique. Dans les couloirs d’Internef, les échanges étaient parfois hésitants, certains étant freinés par la barrière de la langue. Mais on y retrouvait un désir partagé : être reconnu pour ses compétences, sa motivation et son potentiel, plutôt qu’être vu à travers son statut administratif ou ses papiers. Les étudiants et bénévoles de l’UNIL, venus accompagner et soutenir les participants, ont eux aussi vécu une expérience marquante et émouvante.
En effet, ce salon était plus qu’une plateforme d’information ou un lieu de mise en réseau : chaque geste, chaque sourire, chaque encouragement témoignait d’une solidarité tangible. Cela reflétait aussi un engagement collectif pour que les personnes migrantes et réfugiées puissent envisager un avenir où elles sont reconnues pour leurs talents et non pour leur origine.
Une rencontre inspirante avec les représentants des Nations Unies
Lors du salon, des agents de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ont présenté les différents programmes et opportunités professionnelles du système onusien, ainsi que les principales étapes de recrutement. La présentation, menée intégralement en anglais, reflétait la langue de travail principale des institutions onusiennes. Elle mettait l’accent sur les valeurs d’inclusion et de diversité, défendues par l’organisation. Les agents ont notamment souligné l’importance d’inclure les personnes issues de parcours migratoires ou de situations de déplacement forcé.
Une séance de questions-réponses, également en anglais, a permis aux participants d’obtenir des précisions sur les critères d’éligibilité, les compétences recherchées et les exigences linguistiques. J’en ai donc profité pour poser la question suivante : « Existe-t-il des possibilités de création de contacts ou de mentorat pour les personnes migrantes et les personnes réfugiées qui souhaitent débuter une carrière au sein du système des Nations Unies en Suisse ? ». La présentatrice de l’ONU m’a répondu avec bienveillance : « Oui, de plus en plus d’initiatives soutiennent les personnes migrantes et les personnes réfugiées qui souhaitent s’intégrer professionnellement et contribuer à la mission des Nations Unies. À Genève, plusieurs organisations, comme le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), et certaines ONG partenaires, proposent des programmes de mentorat, de formation et de réseautage spécialement destinés aux personnes issues du parcours migratoire. »
La rencontre dirigée par l’ONU s’est terminée par un moment d’échanges informels, où les participants ont pu dialoguer directement avec les représentants. Les participants ont ainsi reçu des conseils personnalisés et eu l’occasion d’explorer des pistes concrètes d’intégration professionnelle au sein du système des Nations Unies.
Travailler en Suisse : comprendre les permis
Plusieurs représentantes du Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI) étaient également présentes pour nous parler des différentes institutions et services qui aident les personnes migrantes et réfugiées à trouver un emploi. Elles nous ont expliqué le rôle de l’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM), du Centre social d’intégration des réfugiés (CSIR) et de l’Office régional du placement (ORP). Elles ont aussi présenté l’accompagnement offert par ces organisations dans nos démarches.
Pendant la séance, elles ont parlé des différents types de permis de séjour, comme les permis N, F et B. L’objectif de cette séance était d’informer les employeurs sur ces différents titres et de corriger les fausses idées concernant le droit des personnes réfugiées d’accéder au travail.
Une journée qui a redonné confiance
En quittant l’UNIL ce soir-là, beaucoup de participants avaient le sentiment d’avoir franchi un pas. Petit certes, mais symbolique.
Ainsi, cette journée a redonné confiance, motivation et courage. Elle a rappelé que chaque pas vers l’emploi est aussi une étape vers une meilleure intégration dans la société suisse.
Mossi Bigirimana
Membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils



