Sous la loupe – Bangladesh : Faute de 610 millions de dollars, l’aide aux réfugiés Rohingyas menacée / Monde : le pardon du pape Léon XIV pour le rôle de l’Église dans la légitimation de l’esclavage
Bangladesh : Faute de 610 millions de dollars, l’aide aux réfugiés Rohingyas menacée
Comme relayé par TV5 Monde ce 20 mai, l’ONU tire la sonnette d’alarme sur un déficit critique de 610 millions de dollars destiné aux réfugiés rohingyas. Cette somme servirait à porter assistance à plus d’un million et demi de personnes, parmi lesquelles 1,2 million de réfugiés rohingyas se trouvant actuellement dans des camps à Cox’s Bazar, au Bangladesh, mais également plus de 300’000 Bangladais vulnérables. Du fait des nombres en cause, il s’agit d’une des plus grandes crises actuelles de réfugiés au monde, selon les agences des Nations Unies. Le nombre de réfugiés rohingyas ne cesse d’augmenter : plus de 140’000 nouveaux arrivants avaient été enregistrés en 2025.
Les Rohingyas sont une minorité musulmane birmane qui a fui des violences suite à une répression sanglante de l’armée birmane et de milices bouddhistes en 2017. En Birmanie, leurs conditions de vie sont précaires : ils n’ont officiellement pas le droit de travailler et dépendent, jusqu’à aujourd’hui, presque entièrement de l’aide humanitaire. Malgré l’augmentation des besoins et des arrivées, les financements diminuent, plaçant ainsi la crise à un « tournant critique ». Face à cette réalité, des milliers de réfugiés rohingyas risquent leur vie et tentent chaque année de traverser la mer pour la Malaisie ou l’Indonésie voisine. Ces chiffres, en hausse par rapport aux années précédentes, inquiètent fortement l’ONG Save The Children.
Monde : le pardon du pape Léon XIV pour le rôle de l’Église dans la légitimation de l’esclavage
Le 26 mai, TV5 Monde a publié un article consacré aux excuses historiques effectuées par le pape Léon XIV. La veille, dans sa première encyclique Magnifica Humanitas, il a reconnu que l’Église a longtemps légitimé et accepté l’esclavage, l’une des grandes causes de migration forcée dans les siècles passés. Il rappelle qu’au 15e siècle, certains textes pontificaux ont autorisé la mise en esclavage de personnes non chrétiennes. La condamnation de l’esclavage par l’Église a dû attendre le 19e siècle ; durant les deux millénaires qui ont précédé, certaines institutions ecclésiales ont même exploité des esclaves. Léon XIV a ainsi demandé pardon au nom de l’Église. Il a toutefois estimé qu’on ne pouvait juger ces actes à travers des normes actuelles, tout en soulignant le retard avec lequel arrivaient ses excuses.
Pour la première fois, un pape reconnaît clairement la responsabilité institutionnelle de l’Église. Certains de ses prédécesseurs avaient condamné le système ou encore reconnu le rôle de certains baptisés uniquement. Le pape a également établi un lien entre les nouvelles technologies et des formes modernes d’exploitation, par exemple à travers les pratiques minières de matériaux rares nécessaires à ces industries. Certaines critiques – tout en reconnaissant l’importance de ces excuses – estiment qu’il reste encore beaucoup à faire. Un chercheur interviewé appelle notamment à plus de transparence sur la possession d’esclaves par l’Église par le passé.
Ce podcast a été réalisé par :
Lida Ortiz Ospino, Salvator Ntakarvtimana , Evelina Shatalova et Pauline Chakoua
La rédaction de Voix d’Exils



