Sous la loupe – Libye : près d’un million de personnes exilées en 2025 / Grèce : travailleurs humanitaires acquittés pour leur aide aux personnes migrantes / France : l’attribution de 2 milliards d’euros pour lutter contre l’immigration critiquée par la gauche
Libye : près d’un million de personnes exilées en 2025
Comme rapporté par RFI le 17 janvier, l’Organisation internationale des migrants (OIM) a partagé un bilan pour l’année 2025 concernant la situation des personnes migrantes en Libye, dont le nombre atteint 930’000. Ce total comprend les personnes en situation régulière, mais ne trouvant du travail que difficilement, et celles en situation irrégulière. Ces personnes viennent de 44 pays différents, en majorité du continent africain. Le Soudan, l’Egypte, le Nigéria et le Tchad constituent à eux quatre 84% des pays de provenance. En raison de la guerre qui sévit dans leur pays, les personnes venant du Soudan n’ont cessé d’augmenter, constituant à elles seules plus d’un tiers de la population migrante en Libye.
Dans l’ensemble, les raisons derrière ces migrations sont principalement liées à des conflits militaires et des crises économiques. Plus d’un tiers des personnes migrantes en Libye vit entre les trois villes principales du pays : Tripoli, Benghazi et Misrata. En 2025, la Libye a arrêté plus de 27’000 personnes en mer Méditerranée, dont 16’000 ont accepté de retourner dans leur pays d’origine.
Grèce : travailleurs humanitaires acquittés pour leur aide aux personnes migrantes
Le tribunal de Lesbos, en Grèce, a acquitté 24 travailleurs humanitaires accusés de trafic de personnes migrantes et d’organisation criminelle, selon un article d’InfoMigrants publié le 16 janvier. Le tribunal a estimé que leurs actions étaient humanitaires et non illégales. Les faits concernent des missions menées entre 2016 et 2018 par des bénévoles de l’ONG Emergency Response Centre International (ERCI). À cette époque, l’île de Lesbos était un point important d’arrivée en Europe pour des personnes qui fuyaient la guerre en Syrie. Les bénévoles surveillaient les côtes grecques et aidaient les passagers se retrouvant en danger dans la mer.
Parmi les accusés se trouvait Sara Mardini, connue pour avoir sauvé un bateau de personnes migrantes avec sa sœur Yusra en 2015 lorsqu’elles fuyaient elles-mêmes la Syrie, avant de rejoindre ERCI en tant que bénévole. Les bénévoles concernés ont passé plus de 100 jours en prison avant le procès et risquaient jusqu’à 20 ans de prison. L’avocat de Sara Mardini a critiqué cette affaire et a expliqué que le procès voulait empêcher l’aide humanitaire et réduire le travail des ONG à Lesbos.
En 2026, la France va consacrer 2,16 milliards d’euros à sa politique migratoire, soit 80 millions d’euros de plus qu’en 2025, comme relayé par InfoMigrants le 13 janvier. Ce budget est majoritairement orienté vers la lutte contre l’immigration irrégulière et l’application du Pacte asile et migration. Une part importante des fonds servira à augmenter la capacité des centres de rétention (CRA) afin de faciliter les procédures d’éloignement forcé. Le gouvernement met également l’accent sur la modernisation administrative, notamment via la plateforme ANEF, censée simplifier les démarches des étrangers.
Plusieurs associations d’aide aux étrangers dénoncent pourtant les dysfonctionnements techniques du système, jugé peu accessible et insuffisamment accompagné. Les critiques portent aussi sur l’orientation politique globale du budget, perçue comme davantage répressive que sociale, alors que les dispositifs d’intégration, d’accueil ou d’accompagnement ne bénéficient que d’une part plus limitée des crédits. Les partis de gauche s’inquiètent d’une réduction du rôle des associations dans les CRA, ce qui fragiliserait la défense des droits des étrangers. Pour le gouvernement, ces choix répondent à une logique d’efficacité opérationnelle et de contrôle renforcé.
Ce podcast a été réalisé par :
Mohammad Esmaeil, Evelina Shatalova et Baptiste Cavassini
La rédaction vaudoise de Voix d’Exils



