Santé et migration

Jean Régina (à droite) et Claire Perriard (à gauche) de l’association PAIRES. Photo: Yazan / Voix d’Exils.

Avec l’association PAIRES

Les traumatismes que vivent les demandeurs d’asile lors de leur parcours migratoire peuvent occasionner des vulnérabilités psychiques. Ce thème était l’un des sujets du Grand Direct de Radio Django du  21 mai. Mamadi de la rédaction de Voix d’Exils a reçu Jean Régina, cofondateur de l’association PAIRES (Parrainage pour l’Aide à l’Intégration des Réfugiés en Suisse), étudiant en dernière année de médecine à l’Université de Lausanne et Claire Perriard, bénévole à PAIRES, étudiante en quatrième année de médecine à l’Université de Lausanne.

Réécoutez l’émission en cliquant ici

Photos de l’émission réalisées par Yazan

Fabien Honsberger de Radio Django (à gauche) et Mamadi Diallo de Voix d’Exils (à droite). Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Fabien Honsberger de Radio Django (à gauche) et Mamadi Diallo de Voix d’Exils (à droite). Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Jean Régina (à droite) et Claire Perriard (à gauche) de l’association PAIRES. Photo: Yazan / Voix d’Exils.




Un premier Repair café intégratif à Lausanne

Vue d’ensemble du Repair Café intégratif. Photo: Yazan / Voix d’Exils.

R comme : réparer, réutiliser, recycler et respecter l’environnement

Le 6 avril dernier, un Repair Café intégratif a eu lieu à la Maison de Quartier Sous-Gare à Lausanne. Le principe du Repair Café est simple : proposer la réparation gratuite d’appareils défectueux apportés par le public et combattre l’obsolescence programmée. La spécificité de ce Repair Café intégratif est de favoriser la rencontre entre la population migrante et les habitants du quartier Sous-Gare autour de réparations. Voici un premier reportage de Yazan, notre nouveau rédacteur de Voix d’Exils.

Ce Repair café intégratif est un projet né d’une collaboration entre FIXME Hackerspace (un groupe de hackers basé à Renens qui partagent leurs compétences en technologie) et l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). Il s’agit d’un projet pilote dont le but est notamment de permettre à des requérants d’asile ayant des compétences techniques de les utiliser.

Ce projet a pour mission d’encourager les requérants d’asile à poursuivre un apprentissage ou une profession dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques. A cette fin, ils se sont entraînés et reçoivent des formations pour devenir des réparateurs.

Pour Sven Godo, coorganisateur de l’événement avec Nicolas Favrod-Coune de l’EVAM, le Repair Café intégratif « offre aux habitants et habitantes du quartier l’opportunité de passer un samedi en famille autour de la réparation de vélos, de vêtements, d’appareils électroménagers, informatiques et électroniques avec des ateliers pour enfants. C’est une opportunité pour se retrouver entre voisins autour d’une problématique utile. Pour les requérants d’asile, on valorise leurs compétences en les mettant au service de la population lausannoise. »

La rédaction vaudoise de Voix d’Exils

Interviews des intervenants et intervenantes du Repair Café par Yazan

Interview de Sven Godo, coorganisateur du Repair Café inégratif

Sven Godo (en premier plan) propose de tester la réalité virtuelle. Photo: Yazan / Voix d’Exils

 

 

Interview de Dina Moderre, atelier de réparation et de transformation de vêtements

Dina Moderre et son atelier de réparation et transformation de vêtements. Photo: Yazan / Voix d’Exils

 

 

Conférence de Sven Godo sur le thème de l’obsolescence programmée

 

 

Photoreportage

Nicolas Favrod-Coune, coorganisateur de l’événement, anime un atelier de réparation d’appareils électroniques et informatiques. Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Ricardo Da Silva, enseignant de français à l’EVAM, anime un atelier de réparation d’appareils électroniques et informatiques. Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Daniel Genoud (à gauche), coordinateur de programme vélo de l’EVAM et Hassan Hussen (à droite), participant du programme, réparent ensemble les vélos des habitants du quartier. Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Les outils du programme vélo de l’EVAM. Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Dina Moderre donne une nouvelle vie aux vêtements. Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Les vêtements en cours de réparation et de transformation. Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Affiche du Repair café intégratif du 06.04.2019. © Anaïs Bloch 2019.




« Les journalistes au Yemen font face au chantage, à la détention, aux enlèvements et sont assassinés »

Nabil Alosaidi.

Rencontre avec Nabil Alosaidi, journaliste yéménite

Nabil Alosaidi est un journaliste yéménite membre du Conseil du Syndicat des journalistes yéménites depuis 2009. Il était le président du comité de formation et rééducation et le superviseur du comité des libertés du Syndicat. Il vit en Suisse depuis trois ans maintenant à cause de la guerre dans son pays.

Alosaidi participe à de nombreux événements organisés au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour faire entendre la voix des victimes et identifier les violations de la liberté d’opinion et d’expression au Yémen. Reporters sans frontières a classé le Yémen parmi les pays les plus dangereux pour les journalistes.

Les débuts

 « J’ai commencé mon engagement dans la presse comme un hobby. Pendant mes études secondaires, j’ai commencé à écrire pour certains journaux yéménites. Puis, j’ai continué à acquérir plus de compétences en journalisme en étudiant au Media collège et à l’Université de Sana. J’ai travaillé pour de nombreux journaux yéménites jusqu’à ce que je devienne un correspondant et directeur du bureau d’Okaz, un journal saoudien au Yémen » relève Nabil Alosaidi.

La lutte pour le professionnalisme et l’indépendance

 Alosaidi affirme que « les difficultés aux niveaux professionnel et personnel ne permettent pas à la presse indépendante yéménite de paraître. Les activités politiques et partisanes, les disputes politiques et les confits entre les centres de pouvoir interfèrent avec le fonctionnement de la presse au Yémen. La presse indépendante est importante dans le pays où les gens ont besoin d’entendre une voix indépendante qui leur appartient ».

« Personnellement, j’ai affronté ces difficultés avec courage, comme le font beaucoup de journalistes yéménites qui rêvent d’une patrie avec une presse indépendante et la liberté d’expression. Je me bats toujours pour ça, alors que la guerre continue d’attaquer la presse en permanence. Toutes les parties au conflit arrêtent les journalistes et empêchent les voix dissonantes. Les journalistes font face au chantage, à la détention, aux enlèvements et sont assassinés. Maintenant, dix de nos jeunes journalistes sont en procès, faisant face au risque d’exécution » alerte Nabil Alosaidi.

La demande d’asile en Suisse

Nabil Alosaidi estime que la profession de journaliste a toujours été dangereuse au Yémen, en particulier au cours des dernières années de la guerre entre de nombreuses parties contestant le pouvoir. Par exemple, en septembre 2014, les milices Houthi ont balayé Sana et renversé le gouvernement en prenant le contrôle de ses institutions, y compris les médias et la presse. Ils ont occupé les journaux, les bâtiments de radio et de télévision et ont fermé les journaux de l’opposition.

Nabil Alosaidi raconte l’histoire de sa survie : « Je devais me déplacer d’une ville à l’autre jusqu’à ce que j’atteigne la ville Taiz, où je suis resté caché avec l’aide de proches et d’amis. Après quelques mois, je devais quitter la ville assiégée avant qu’ils puissent découvrir ma cache. C’était comme une tâche impossible à cause de la fermeture de toutes les sorties de Taiz. J’ai parcouru une longe distance jusqu’à ce que je réussisse à sortir de la ville et puis, je me suis déplacé entre les villes pour arriver en Arabie Saoudite. J’y suis resté quelques mois avant que je puisse voyager en Suisse. Je faisais partie d’une délégation de presse accompagnant les négociations entre le gouvernement yéménite et les milices Houthi à Genève. Parce que la guerre ne permettait pas une presse indépendante et forçait les journalistes à côtoyer l’une des parties au conflit, j’ai décidé de rester en Suisse en quête de protection et de liberté. »

Alosaidi est persuadé que son exil en Suisse a beaucoup influencé sa carrière professionnelle dans la presse. Ici, il a commencé à défendre les victimes des violations des droits de l’homme au Yémen. La protection et la liberté obtenues en Suisse lui permettent de faire entendre la voix des journalistes yéménites auprès de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme. Il est déterminé à continuer à défendre la liberté de la presse et les détenus journalistes dans les forums de la presse internationale et des droits de l’homme jusqu’à ce que la presse libre revienne au Yémen. Depuis qu’il est en Suisse, Nabil Alosaidi a pu aussi mener une campagne de presse, la plus connue et la plus forte de tous les temps, contre la corruption au gouvernement yéménite. Pour cette campagne, il a reçu le Prix du journalisme pour l’intégrité et la lutte contre la corruption et le Prix de la personnalité publique anti-corruption en 2018.

Wafa Al Sagheer

Membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils

Article traduit de l’anglais vers le français par MHER

Contributeur externe de Voix d’Exils




Les larmes de la nature

Sur ma montagne. Pixabay License. Auteur: Makunin.

L’humain détruit sa Terre nourricière

Je me tiens toujours sur cette montagne et je vois à quel point notre nature est belle et s’harmonise pour former une mélodie unique. Le chant des oiseaux, le murmure de l’eau ravivant les esprits et les spectacles extraordinaires qui nous fascinent tels que le reflet des montagnes sur les rivières constituent un tableau magnifique devant lequel l’artiste reste impuissant.

Mais un jour, je me tenais sur cette montagne et j’ai vu que la nature était triste. Je lui ai demandé  pourquoi ? Sa réponse m’a rendue humble.

Elle m’a dit : « C’est à cause de ce que l’homme fait aujourd’hui avec une soi-disant technologie qui me fait du mal : il a en effet fabriqué des produits chimiques et des bombes nucléaires qu’il a expérimentés sur ma terre et qui l’ont rendue toxique.

La construction d’usines émettant des gaz toxiques ont transpercé l’ozone, ce qui a provoqué  l’entrée de radiations nocives dans l’atmosphère.

L’abattage des arbres a réduit l’oxygène nécessaire à nous tous.

Le déversement des déchets dans la mer a entraîné la mort de nombreuses espèces marines. De plus, la pêche aveugle a porté atteinte à l’équilibre écologique.

L’humain a déchiré ma belle robe verte, dont je me suis vantée devant les autres planètes et il m’a transformé en un nu abstrait.

Aujourd’hui, je flambe avec le feu et ma nouvelle robe est le sang qu’il a versé sur ma terre pure, je suis devenue une planète en colère à cause de son indifférence. Les tremblements de terre, les volcans et les inondations sont devenus mon nouveau travail car les actions des hommes sont devenus mon nouveau repas. Je voudrais comprendre cette hostilité envers la nature et envers vous-mêmes car vous êtes tous des êtres humains bien que vous ayez des nationalités, langues, couleurs et des religions différentes.

Pourquoi la paix n’existe pas entre vous ? Pourquoi ne cessez-vous pas de détruire la nature et vous-mêmes ?

Je souhaite que l’homme cesse d’être égoïste et qu’il arrête ses actes pervers qui m’ont dépouillée de ma robe verte et qui m’ont obligée à porter des vêtements de sang et de pollution. »

Je lui ai alors répondu : « J’espère aujourd’hui que tous les êtres humains vous entendront et verront vos souffrances, les larmes que vous versez et la situation misérable que vous vivez.

Aya Kardouch

Membre de la Rédaction valaisanne de Voix d’Exils




La course des « 4 kil » de Lausanne

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Anne Niederhauser est au centre. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

« Une pointe de stress au départ mais que des sourires à la fin »

Alors qu’il était président de la Confédération, Johann Scheider-Ammann déclare lors d’une allocution  le 6 mars 2016 à l’occasion de la Journée des malades que « le rire c’est bon pour la santé ». D’autres entretiennent aussi leur santé avec leurs jambes et leurs pieds.

Anne Niederhauser en fait partie. Coordinatrice du programme Santé de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (l’EVAM), elle offre depuis trois ans la possibilité aux bénéficiaires du programme de participer à la course des 4 Km de Lausanne. Une action qui est soutenue par l’établissement. « J’ai choisi les 4 Km car c’est une distance faisable sans entraînement soit en marchant soit en courant. Tout au long de la formation, nous prônons le sport et principalement la marche comme étant bon pour la santé. » confie-t-elle.

« Les 4 kil », comme on dit à Lausanne, c’est la course des 4 kilomètres pour le plaisir de courir dans un esprit non compétitif qui est organisée la veille de la mythique course des 20 km qui a lieu chaque année à Lausanne depuis 1982.

Cette année, la course des 4 km s’est déroulée le samedi 4 mai. Sur les starting blocs se trouvaient 17 participantes et participants du programme. « Même quelques anciens  se sont joints à nous » remarque Anne Niederhauser, ce qui témoigne du fait que les 4 km sont devenus une vraie tradition pour le programme Santé.

A 12h20 précises : top départ ! La joyeuse ribambelle foule les premiers mètres. « Tout le monde a joué le jeu. Un peu de stress au départ de la course mais que des grands sourires à la fin » relève Anne Niederhauser.

La rédaction vaudoise de Voix d’Exils

Le programme Santé de l’EVAM

Le programme d’activité préprofessionnel Santé de l’EVAM propose 6 mois de formation théorique au métier d’auxiliaire de santé suivi d’un mois de stage en institution. Il est coordonné par Anne Niederhauser Sophie Rothrock et Afif Ghanmi. Equivalente à la formation auxiliaire de santé Croix Rouge, elle accueille entre 18 et 20 participantes et participants par session.

Photoreportage: la course des 4 km 2019 du programme Santé de l’EVAM

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.