Les femmes en Suisse sont en grève aujourd’hui

Senawbar, originaire d’Afghanistan. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

Zoom : six migrantes vivant en Suisse témoignent de la condition des femmes dans leur pays d’origine

En cette journée du 14 juin 2019, LA journée tant attendue par les femmes en Suisse, les rédactrices de Voix d’Exils se sont intéressées aux migrantes inscrites dans des programmes d’activité proposés par l’EVAM (Établissement vaudois d’accueil des migrants). Elles leur ont demandé quelle est la situation des femmes dans leur pays d’origine : ce qui leur est accessible en matière de scolarité, de vie familiale et professionnelle, d’héritage, de soutien social, de latitude à s’organiser en associations pour revendiquer leurs droits…

Six d’entre elles: Wafa, Merveille, Senawbar, Diana, Gladys et Oumalkaire ont accepté de témoigner.

 

Wafa, Yéménite

Wafa, originaire du Yemen. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

Yemen. Source: Wikipedia

« Avec la guerre qui ravage le pays depuis 2014, les femmes tentent de faire face à la situation d’urgence. Elles voient leurs pères, frères, maris et fils partir au front, certains pour ne jamais revenir. Tandis qu’un embargo frappe le Yémen et le paralyse – il dépend à 90% des importations – les enfants meurent de faim ou de maladies bénignes tandis que les femmes décèdent en nombre affligeant sur les tables d’accouchement.

Dans ce contexte, les Yéménites ont commencé à dire NON au système patriarcal et à participer à la vie politique. Exposées et rendues vulnérables par la violence ambiante, beaucoup d’entre elles se sont mobilisées. Résultat : sur les 565 personnes appelées à rédiger la nouvelle constitution et à penser le nouveau Yémen voulu par le peuple, le quart sont des femmes.

Certes les choses changent, mais il reste du chemin avant que la société yéménite très conservatrice et très à cheval sur la loi islamique autorise les femmes à remplacer leurs pères, frères et maris dans la prise de décisions portant sur leur éducation (en particulier dans les milieux ruraux) ou sur le choix de leur époux, pour ne mentionner que ces exemples-là.

Actuellement, les préoccupations premières des femmes restent centrées sur les questions basiques de survie au quotidien en temps de guerre ; des questions tellement graves et aigües, que malgré leur bravoure, elles ne peuvent se disperser dans d’autres revendications. »

 

Merveille, Congolaise

Merveille, originaire de RDC. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

RDC Congo. Source: Wikipédia

« En République démocratique du Congo (RDC), les femmes jouissent des mêmes droits fondamentaux que les hommes, tels que l’accès automatique à l’éducation à tous les niveaux, le droit à une succession équitable, le droit de voter et de se faire élire.

Cependant, la route vers l’égalité est encore longue. Par exemple, la majorité des Congolaises doivent obtenir l’autorisation de leur mari pour pouvoir travailler. Et quand elles reçoivent cette précieuse autorisation, ce n’est pas gagné pour autant. En raison du peu de confiance personnelle qu’elles ont développé depuis leur enfance, certaines préfèrent s’auto-écarter, laissant le chemin libre aux hommes pour occuper les postes à responsabilités.

Par ailleurs, les Congolaises se sentent libres de porter plainte – et le font souvent – en cas de harcèlement sexuel. Mais quand on les questionne sur le viol et les violences conjugales, elles se renferment et gardent le silence. Bien que des structures d’accompagnement existent et sont là pour les aider, la peur du jugement de la société est la plus forte.

Le même comportement de repli sur soi s’observe par rapport à l’homosexualité qui n’est pas du tout toléré et qui est même considéré comme une abomination. Par peur d’être rejetées, les femmes concernées n’osent pas faire leur « coming out ».

Fortement désapprouvé dans une société où les familles sont généralement nombreuses et les femmes mariées valorisées pour leur fécondité, l’avortement est peu répandu, illégal et se pratique par conséquent dans la clandestinité. »

 

Senawbar, Afghane

Senawbar, originaire d’Afghanistan. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

Afghanistan. Source: Wikipédia.

« Malgré le recul général consécutif à l’arrivée des Talibans dans les années 90, les Afghanes participent depuis plusieurs décennies à la vie politique de leur pays. Elles sont représentées à 27,7% au Parlement et au Sénat et bénéficient d’un quota de 20% dans les conseils communaux.

Mais il ne faut pas se fier aux apparences, car ici encore l’égalité hommes-femmes reste à conquérir. Les conditions de vie, dictées par la politique et la loi musulmanes – qui se confondent -, ne sont pas favorables aux femmes. C’est le cas notamment pour le droit de succession. Certes, les Afghanes peuvent hériter, mais la part qui leur est réservée s’élève à 25% contre 75% pour leurs frères.

Considérées comme d’éternelles mineures, leur liberté de mouvement est, quant à elle, assujettie à l’autorisation soit de leur père ou de leur frère quand elles ne sont pas mariées, soit à l’autorisation de leur mari quand elles le sont.

Théoriquement, les Afghanes ont le droit d’étudier, de travailler et de s’organiser en associations, mais dans les régions où la loi islamique est dure, elles le font à leurs risques et périls. Sans compter que celles qui travaillent gagnent beaucoup moins que leurs collègues masculins et sont souvent menacées de mort. »

 

Diana, Syrienne

Diana, originaire de Syrie. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

Syrie. Source: Wikipedia

« En Syrie, les femmes chrétiennes bénéficient de beaucoup plus de droits

que les femmes musulmanes. Elles sont libres de choisir notamment: de leurs choix, notamment leurs études, leur carrière, leur mari, etc.

Les chrétiennes participent à la vie politique, économique et administrative du pays, et bénéficient de l’autonomie de gestion de leur patrimoine. Cependant, beaucoup d’entre elles sont dans une vision traditionnelle de la femme et préfèrent s’occuper de leur mari et des enfants.

En cas d’abus sexuels, elles ont le droit de porter plainte et sont encouragées à le faire. Mais, en raison du poids de « la réputation » sur la vie sociale, les femmes renoncent à dénoncer leur agresseur.

En général, les femmes syriennes ont une bonne opinion d’elles-mêmes et sont admirées et respectées par leur entourage. Catholiques et musulmanes partagent des règles communes : la virginité avant le mariage, l’interdiction de l’avortement, etc.

Celles qui ont dû s’exiler suite à la guerre souffrent d’être loin de chez elles, mais découvrent avec intérêt la liberté de pouvoir travailler comme les hommes le jour, et redevenir femmes et mères le soir ! »

 

Gladys, Ivoirienne

Côte d’Ivoire. Source: Wikipédia.

« En Côte d’Ivoire, les femmes ont le droit de voter depuis 1955. Tout n’est pas rose pour autant. Bien que la politique de l’État prône l’éducation pour tous, la scolarité des femmes reste mal vue dans les régions rurales, en raison de certaines coutumes locales  passéistes. Mais dans les régions urbaines, on constate des ouvertures en faveur d’une intégration des femmes dans la vie professionnelles.

En matière de travail et d’égalité de salaires, les Ivoiriennes ont trouvé en leurs maris leurs meilleurs avocats. En effet, les hommes qui ont besoin des revenus de leurs compagnes pour qu’elles contribuent financièrement au ménage, revendiquent et se battent avec elles pour leurs droits !

Alors que les femmes sont absentes des milieux masculins tels que l’armée et l’ingénierie, au cours de ces cinq dernières années, on a relevé des avancées dans d’autres domaines tels que la police et la gendarmerie qui se féminisent peu à peu.

Paradoxalement, les Ivoiriennes bénéficient de l’autonomie pour gérer leurs biens alors qu’elles n’ont pas de droits en matière de succession…

Concernant les violences faites aux femmes, la Côte d’Ivoire ne recense que peu de structures dédiées à l’accueil et à l’accompagnement des victimes. Malgré quelques avancées, la société ivoirienne reste très fermée sur des points tels que le respect des coutumes, les bonnes mœurs, l’importance de la famille, et préfère que le « linge sale se lave en famille ».

Des sujets comme l’homosexualité – qui peut entraîner la peine de mort – restent tabous. Une vision partagée aussi bien par la société que par l’Etat. »

 

Oumalkaire, Djiboutienne

Oumalkaire, originaire de Djibouti. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

Djibouti. Source: Wikipédia.

« A 100% musulman, depuis son indépendance en 1977, Djibouti se montre plutôt favorable à l’octroi de droits aux femmes. Elles vont à l’école comme leurs camarades masculins, ont le droit de voter depuis belle lurette (acquis avant l’indépendance), et connaissent une certaine indépendance matérielle que leur prodigue leur droit au travail et à une rémunération équitable.

De même que les Ivoiriennes, les Djiboutiennes bénéficient de l’appui de leurs maris qui apprécient l’aide financière apportées par le travail féminin pour subvenir aux frais du ménage.

Malheureusement, le droit de succession n’est pas respecté et a besoin d’un bon coup de pouce. La femme n’a droit qu’à la moitié de ce que reçoit son frère.

Donc, les parts de deux femmes comptent pour celle d’un homme. Elles n’ont pas le droit de se plaindre contre une décision prise par un membre masculin de la famille ou de porter des revendications politiques.

Malgré les violences conjugales ou autres formes de violences commises à leur encontre, les femmes ne peuvent pas compter sur l’aide d’associations, car celles-ci sont quasiment inexistantes. »

Propos recueillis par :

Marie-Cécile Inarukundo

Membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils




Santé et migration

Jean Régina (à droite) et Claire Perriard (à gauche) de l’association PAIRES. Photo: Yazan / Voix d’Exils.

Avec l’association PAIRES

Les traumatismes que vivent les demandeurs d’asile lors de leur parcours migratoire peuvent occasionner des vulnérabilités psychiques. Ce thème était l’un des sujets du Grand Direct de Radio Django du  21 mai. Mamadi de la rédaction de Voix d’Exils a reçu Jean Régina, cofondateur de l’association PAIRES (Parrainage pour l’Aide à l’Intégration des Réfugiés en Suisse), étudiant en dernière année de médecine à l’Université de Lausanne et Claire Perriard, bénévole à PAIRES, étudiante en quatrième année de médecine à l’Université de Lausanne.

Réécoutez l’émission en cliquant ici

Photos de l’émission réalisées par Yazan

Fabien Honsberger de Radio Django (à gauche) et Mamadi Diallo de Voix d’Exils (à droite). Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Fabien Honsberger de Radio Django (à gauche) et Mamadi Diallo de Voix d’Exils (à droite). Photo: Yazan / Voix d’Exils.

 

Jean Régina (à droite) et Claire Perriard (à gauche) de l’association PAIRES. Photo: Yazan / Voix d’Exils.




« Les journalistes au Yemen font face au chantage, à la détention, aux enlèvements et sont assassinés »

Nabil Alosaidi.

Rencontre avec Nabil Alosaidi, journaliste yéménite

Nabil Alosaidi est un journaliste yéménite membre du Conseil du Syndicat des journalistes yéménites depuis 2009. Il était le président du comité de formation et rééducation et le superviseur du comité des libertés du Syndicat. Il vit en Suisse depuis trois ans maintenant à cause de la guerre dans son pays.

Alosaidi participe à de nombreux événements organisés au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour faire entendre la voix des victimes et identifier les violations de la liberté d’opinion et d’expression au Yémen. Reporters sans frontières a classé le Yémen parmi les pays les plus dangereux pour les journalistes.

Les débuts

 « J’ai commencé mon engagement dans la presse comme un hobby. Pendant mes études secondaires, j’ai commencé à écrire pour certains journaux yéménites. Puis, j’ai continué à acquérir plus de compétences en journalisme en étudiant au Media collège et à l’Université de Sana. J’ai travaillé pour de nombreux journaux yéménites jusqu’à ce que je devienne un correspondant et directeur du bureau d’Okaz, un journal saoudien au Yémen » relève Nabil Alosaidi.

La lutte pour le professionnalisme et l’indépendance

 Alosaidi affirme que « les difficultés aux niveaux professionnel et personnel ne permettent pas à la presse indépendante yéménite de paraître. Les activités politiques et partisanes, les disputes politiques et les confits entre les centres de pouvoir interfèrent avec le fonctionnement de la presse au Yémen. La presse indépendante est importante dans le pays où les gens ont besoin d’entendre une voix indépendante qui leur appartient ».

« Personnellement, j’ai affronté ces difficultés avec courage, comme le font beaucoup de journalistes yéménites qui rêvent d’une patrie avec une presse indépendante et la liberté d’expression. Je me bats toujours pour ça, alors que la guerre continue d’attaquer la presse en permanence. Toutes les parties au conflit arrêtent les journalistes et empêchent les voix dissonantes. Les journalistes font face au chantage, à la détention, aux enlèvements et sont assassinés. Maintenant, dix de nos jeunes journalistes sont en procès, faisant face au risque d’exécution » alerte Nabil Alosaidi.

La demande d’asile en Suisse

Nabil Alosaidi estime que la profession de journaliste a toujours été dangereuse au Yémen, en particulier au cours des dernières années de la guerre entre de nombreuses parties contestant le pouvoir. Par exemple, en septembre 2014, les milices Houthi ont balayé Sana et renversé le gouvernement en prenant le contrôle de ses institutions, y compris les médias et la presse. Ils ont occupé les journaux, les bâtiments de radio et de télévision et ont fermé les journaux de l’opposition.

Nabil Alosaidi raconte l’histoire de sa survie : « Je devais me déplacer d’une ville à l’autre jusqu’à ce que j’atteigne la ville Taiz, où je suis resté caché avec l’aide de proches et d’amis. Après quelques mois, je devais quitter la ville assiégée avant qu’ils puissent découvrir ma cache. C’était comme une tâche impossible à cause de la fermeture de toutes les sorties de Taiz. J’ai parcouru une longe distance jusqu’à ce que je réussisse à sortir de la ville et puis, je me suis déplacé entre les villes pour arriver en Arabie Saoudite. J’y suis resté quelques mois avant que je puisse voyager en Suisse. Je faisais partie d’une délégation de presse accompagnant les négociations entre le gouvernement yéménite et les milices Houthi à Genève. Parce que la guerre ne permettait pas une presse indépendante et forçait les journalistes à côtoyer l’une des parties au conflit, j’ai décidé de rester en Suisse en quête de protection et de liberté. »

Alosaidi est persuadé que son exil en Suisse a beaucoup influencé sa carrière professionnelle dans la presse. Ici, il a commencé à défendre les victimes des violations des droits de l’homme au Yémen. La protection et la liberté obtenues en Suisse lui permettent de faire entendre la voix des journalistes yéménites auprès de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme. Il est déterminé à continuer à défendre la liberté de la presse et les détenus journalistes dans les forums de la presse internationale et des droits de l’homme jusqu’à ce que la presse libre revienne au Yémen. Depuis qu’il est en Suisse, Nabil Alosaidi a pu aussi mener une campagne de presse, la plus connue et la plus forte de tous les temps, contre la corruption au gouvernement yéménite. Pour cette campagne, il a reçu le Prix du journalisme pour l’intégrité et la lutte contre la corruption et le Prix de la personnalité publique anti-corruption en 2018.

Wafa Al Sagheer

Membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils

Article traduit de l’anglais vers le français par MHER

Contributeur externe de Voix d’Exils




La course des « 4 kil » de Lausanne

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Anne Niederhauser est au centre. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

« Une pointe de stress au départ mais que des sourires à la fin »

Alors qu’il était président de la Confédération, Johann Scheider-Ammann déclare lors d’une allocution  le 6 mars 2016 à l’occasion de la Journée des malades que « le rire c’est bon pour la santé ». D’autres entretiennent aussi leur santé avec leurs jambes et leurs pieds.

Anne Niederhauser en fait partie. Coordinatrice du programme Santé de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (l’EVAM), elle offre depuis trois ans la possibilité aux bénéficiaires du programme de participer à la course des 4 Km de Lausanne. Une action qui est soutenue par l’établissement. « J’ai choisi les 4 Km car c’est une distance faisable sans entraînement soit en marchant soit en courant. Tout au long de la formation, nous prônons le sport et principalement la marche comme étant bon pour la santé. » confie-t-elle.

« Les 4 kil », comme on dit à Lausanne, c’est la course des 4 kilomètres pour le plaisir de courir dans un esprit non compétitif qui est organisée la veille de la mythique course des 20 km qui a lieu chaque année à Lausanne depuis 1982.

Cette année, la course des 4 km s’est déroulée le samedi 4 mai. Sur les starting blocs se trouvaient 17 participantes et participants du programme. « Même quelques anciens  se sont joints à nous » remarque Anne Niederhauser, ce qui témoigne du fait que les 4 km sont devenus une vraie tradition pour le programme Santé.

A 12h20 précises : top départ ! La joyeuse ribambelle foule les premiers mètres. « Tout le monde a joué le jeu. Un peu de stress au départ de la course mais que des grands sourires à la fin » relève Anne Niederhauser.

La rédaction vaudoise de Voix d’Exils

Le programme Santé de l’EVAM

Le programme d’activité préprofessionnel Santé de l’EVAM propose 6 mois de formation théorique au métier d’auxiliaire de santé suivi d’un mois de stage en institution. Il est coordonné par Anne Niederhauser Sophie Rothrock et Afif Ghanmi. Equivalente à la formation auxiliaire de santé Croix Rouge, elle accueille entre 18 et 20 participantes et participants par session.

Photoreportage: la course des 4 km 2019 du programme Santé de l’EVAM

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

Les 4 Km de Lausanne du programme santé de l’EVAM. Photo: Eddietaz / Voix d’Exils.

 

 




Eddietaz expose ses photos

Auteur: Eddietaz.

Vaud – Le photographe de Voix d’Exils vernit une expo photos aujourd’hui à l’EVAM

Depuis plus d’une année, vous appréciez les magnifiques photos d’Eddietaz qui illuminent les pages de Voix d’Exils. Aujourd’hui, il expose pour la première fois ses clichés au restaurant de l’établissement, sis à la Route de Chavannes 33 à Lausanne, et ce jusqu’à la fin du mois de juin.

Jean-Pierre Vicario, formateur à l’EVAM et photographe, a lancé un projet d’expositions temporaires au sein du restaurant de l’établissement pour valoriser les talents des requérants d’asile qui fréquentent les structures de l’EVAM.

Après une première expo des toiles du photographe et peintre afghan Mutaza Zeraati, en janvier dernier, en voici une deuxième consacrée à l’œuvre photographique d’Eddietaz.

Jean-Pierre rencontre Eddietaz alors qu’il venait de rejoindre le club de photographie qu’il présidait: le Photoclub Lausanne. Depuis, une belle amitié lie les deux photographes qui a abouti à ce projet.

Petit vernissage de l’exposition :

lundi 6 mai dès 15h30 au restaurant de l’EVAM

La rédaction vaudoise de Voix d’Exils

« J’étais assoiffé d’apprendre la photographie »

« J’ai toujours été passionné par la photographie. Mais je n’avais jamais pensé pouvoir devenir photographe moi-même. Un jour, en Suisse, j’ai passé le cap. Je me suis acheté un appareil photo. Depuis, je n’ai plus arrêté. J’ai appris les bases du fonctionnement technique avec des tutoriels sur Internet. Je prenais des photos de mes collègues, de mes amis. Puis on m’a proposé de couvrir des événements. Les premières fois, c’était la catastrophe. Alors j’ai commencé à aborder des photographes en ville. C’est ainsi que je suis entré au club de photos de Lausanne : le Photoclub Lausanne. J’étais assoiffé, j’écoutais les gens, je prenais des conseils pour utiliser le studio, je faisais des images dans tous les festivals en Suisse romande où je pouvais aller.

En parallèle, j’ai commencé le programme Voix d’Exils à l’EVAM. C’est un média en ligne qui favorise l’expression libre des personnes migrantes. Je m’occupe des photos des articles pour illustrer des événements, des interviews.

Ce qui me plaît le plus dans la photographie, c’est de transmettre ma façon de voir les choses, de développer mon sens artistique, de réussir à capturer des moments éphémères et de les conserver pour le reste de ma vie. »

Eddietaz