Séparation… Mot familier et tragique pour les exilés

CC0 Creative Commons

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Le témoignage émouvant d’une femme Afghane

Il n’est pas rare que des familles soient séparées sur le chemin de la migration. Des souffrances supplémentaires se greffent alors sur une situation déjà difficile. Une femme afghane témoigne de la situation tragique qu’elle vit aujourd’hui en Suisse.

C’est l’histoire d’une mère séparée de son mari et de son fils de trois ans. Elle est jeune et a deux enfants. Elle vit dans le canton du Valais, seule avec sa fille adolescente.

En raison des conditions de vie très difficiles des Afghans en Iran, la famille décide de quitter le pays. Le mari, la femme et les deux enfants choisissent l’Europe comme point de chute. La seule façon d’y parvenir est l’immigration illégale.

Le parcours est semé d’embuches : ils ont dû traverser des montagnes et des mers dangereuses avec, sur ces routes, la souffrance comme compagne quotidienne. Mais il fallait continuer car ils n’avaient rien laissé derrière eux. Ils avaient tout perdu, tout sacrifié.

« Soit se séparer, soit pourrir en Grèce »

Lorsqu’ils arrivent en Grèce, ils sont à court d’argent. Pour continuer le voyage, il n’y a qu’une solution qui n’en est en fait pas une : se séparer. C’est aussi brutal que cela : soit se séparer soit pourrir en Grèce. Ils choisissent à contre-cœur de se séparer et décident que la mère et la fille partiront en premier puis que le père et le petit garçon les rejoindront.

Cela fait maintenant onze mois que la mère et sa fille sont en Suisse, mais le père et le fils sont toujours bloqués en Grèce.

La situation est très difficile pour le père car le petit garçon n’a que trois ans et souffre énormément de l’absence de sa mère. Depuis leur séparation, il ne parle plus. A la maternelle, il ne joue pas avec les autres enfants et reste à l’écart. De son côté, la mère passe ses journées à pleurer et s’inquiète aussi pour son mari car elle sait qu’il n’a aucune ressource pour survivre en Grèce. Elle perd parfois espoir : « J’ai peur de ne plus jamais les revoir. »

Quand le courage revient, elle se bat. Si elle gagne un peu d’argent, c’est pour son mari. Elle a aussi cherché de l’aide auprès d’organisations qui la soutienne et l’aide à exposer sa situation au Secrétariat d’Etat aux migrations. Beaucoup de lettres ont été adressées à Berne, mais la réponse tarde et l’attente continue.

La séparation : une éternité pour les enfants

Ce genre de séparation a des répercussions négatives et profondes sur la structure familiale, les comportements sexuels, la santé psychique. Il a un impact particulièrement important sur les enfants dont le développement et l’avenir sont hypothéqués.

Dans un rapport consacré aux enfants séparés*, l’organisation Action for the Rights of Children souligne la vulnérabilité particulière des enfants qui subissent une séparation : « Les enfants sont plus vulnérables que les adultes face aux maladies et aux blessures, mais les enfants séparés manquent aussi de protection physique et du soutien psychosocial et émotionnel dont ils ont besoin. Sans ce soutien, leur développement complet risque d’être interrompu ou empêché ». Et d’ajouter : « Les jeunes enfants peuvent avoir un sens du temps limité. Ainsi, un enfant séparé ne pourra peut-être pas saisir le concept de prise en charge « provisoire » sur une période de quelques jours, quelques semaines ou quelques mois et une période de deux semaines peut lui sembler être une éternité ».

Morrasa Sadeghi

Membre de la rédaction valaisanne de Voix d’Exils

*Enfants séparés, décembre 2004, Action for the Rights of Children (ARC)

 




Les transformations de la structure familiale en Europe : un défi pour l’adaptation des familles migrantes

Photo: rédaction valaisanne de Voix d'Exils

Photo: rédaction valaisanne de Voix d’Exils

Compte-rendu du séminaire sur la transformation de la famille en contextes européen et musulman contemporains de l’Université de Fribourg

L’Institut de recherche et de conseil dans le domaine de la famille (IFF) de l’Université de Fribourg a organisé dernièrement un séminaire* sur la transformation de la famille en contextes européen et musulman contemporains. Objectif numéro 1 : soutenir les familles migrantes parfois déstabilisées par les changements sociaux qui traversent leur société d’accueil.

Le séminaire s’adressait principalement à des réfugiés ayant engagé ou complété un cycle d’études supérieures dans leurs pays d’origine et pouvant jouer un rôle de transmission auprès de leurs communautés. Plusieurs membres de la rédaction valaisanne de Voix d’Exils figuraient parmi les 25 participants de 17 nationalités différentes issues des cantons de Bienne, Berne, Fribourg, Vaud, Zurich et du Valais. Voici leurs échos ramenés de Fribourg.

La fin de la famille traditionnelle ?

L’évolution culturelle en Europe a complètement bouleversé la structure et l’image de la famille traditionnelle, qui a longtemps été basée sur la formation du couple, suivie de la célébration du mariage, puis de la mise au monde des enfants. Ce n’est plus le cas aujourd’hui car plus d’un enfant sur deux naît hors mariage. Certains enfants assistent même au mariage de leurs père et mère, ce qui constitue un choc culturel pour les familles migrantes provenant des pays où le poids des coutumes est encore important.

La mère au foyer : une figure sur le déclin 

Le modèle de la femme au foyer – caractéristique de la famille traditionnelle – devient plus marginal en Europe. Aujourd’hui, la femme mène de front une vie professionnelle tout en assurant ses responsabilités familiales. Par contre, la mère au foyer, principalement en charge des tâches ménagères, reste le modèle général de la famille migrante.

De nouvelles formes de vie familiale

Alors que la famille traditionnelle est sur le déclin, de nouvelles formes de vie conjugale et familiale voient le jour : les familles monoparentales et recomposées. Le divorce ou la séparation sont devenus aujourd’hui le mode de constitution le plus commun de la famille, alors qu’au début des années 1960, en Europe, une famille monoparentale sur deux résultait du décès d’un des conjoints. Les familles recomposées, c’est-à-dire comprenant un couple et au moins un enfant issu d’une autre union se multiplient sous l’effet des séparations et des remises en ménage. Ces nouveaux modèles familiaux augmentent également au sein de la communauté migrante, ce qui laisse de nombreux points d’interrogation sur l’évolution de cette tendance.

La rédaction valaisanne de Voix d’Exils

Commentaire

Les besoins sont clairs : il est nécessaire de préparer le terrain de l’intégration des familles migrantes dans leur nouvelle société. Ce type de séminaire propose une approche intéressante : en effet, une fois formés, les participants ont en mains les outils nécessaires pour faire le pont entre leurs communautés et le pays d’accueil. Un rôle de conseil et d’accompagnement qui portera certainement ses fruits.

La rédaction valaisanne de Voix d’Exils

*Transformations sociologiques et psychologiques de la famille en Europe organisé par les professeurs Dominik Schobi, Edouard Conte et Meinrad Perrez à l’Institut de recherche et de conseil dans le domaine de la famille à l’Université de Fribourg.

 

 

 

 

 

 

 




Dublin : le durcissement

Photo: Georgi, rédaction vaudoise de Voix d'Exils

Photo: Georgi, rédaction vaudoise de Voix d’Exils

Interview de Magaly Hanselmann, Secrétaire romande de l’Entraide Protestante Suisse (l’EPER) sur les ondes de Radio Django

L’objectif des accords de Dublin est de retenir les migrants extra européens dans le premier pays d’accueil en les incitant à y déposer systématiquement leur demande d’asile. Depuis 2016, les personnes migrantes ayant déposé une demande d’asile dans un premier pays européen et souhaitant s’établir dans un autre pays d’accueil sont systématiquement refoulées vers le premier pays où ils ont déposé leur demande d’asile.

En Suisse, dans le canton de Vaud, ce durcissement amène la Justice de Paix à prononcer des assignations à résidence pour les personnes frappées par les accords de Dublin.

Pour en savoir davantage sur l’évolution de ces accords, Voix d’Exils a réalisé une interview de Magaly Hanselmann, Secrétaire romande de l’Entraide Protestante Suisse (l’EPER) sur les ondes de Radio Django.

Pour écouter l’interview, cliquez ici

Niangu Nginamau

Membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils

Photo: Georgi, rédaction vaudoise de Voix d'Exils

Photo: Georgi, rédaction vaudoise de Voix d’Exils

 

Photo: Georgi, rédaction vaudoise de Voix d'Exils

Photo: Georgi, rédaction vaudoise de Voix d’Exils




Grande manifestation à Milan en solidarité avec les migrants

 CC0 Public Domain

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« Nous ne construirons pas avec les briques de l’intolérance, du racisme et de la peur de nouveaux murs »

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, dont des personnalités politiques et le maire de la ville, ont défilé samedi 20 mai à Milan, dans le nord de l’Italie, pour manifester leur solidarité avec les migrants. Le cortège était précédé d’une banderole « Ensemble sans murs » selon le site d’information l’Essentiel

Malgré l’aggravation des conditions météorologiques en Méditerranée, l’afflux de migrants en Italie ne cesse de se renforcer et la capitale du pays a du mal à y faire face. Des centaines d’entre eux sont actuellement bloqués à Rome. Les autorités de la capitale italienne ont mis en place un réseau de centres d’accueil, mais il n’y avait pas assez de places disponibles pour abriter tout le monde.

Malgré ces conditions difficile, la grande manifestation de samedi dernier a eu lieu et a rassemblé beaucoup de monde dans les rues de Milan. Plusieurs personnalités se trouvaient à la tête du cortège, dont le président du Sénat Pietro Grasso, le maire de Milan Giuseppe Sala ou l’ex-commissaire européenne aux droits de l’Homme, Emma Bonino. M. Grasso, membre du Parti démocrate (PD, gauche), a assuré que depuis ce jour « nous avons commencé à respirer un nouvel air, un air de liberté et d’espérance ». « Aujourd’hui nous disons à voix haute, avec fermeté et sérénité, que nous ne ferons pas marche arrière, nous ne construirons pas avec les briques de l’intolérance, du racisme et de la peur de nouveaux murs et de nouvelles divisions », a poursuivi le président du Sénat. « Intégrer les étrangers qui ont le droit de vivre dans notre pays », c’est-à-dire en règle avec les papiers, « n’est pas un cadeau ou un geste de générosité, cela sert à rendre le pays plus fort », a conclu M. Grasso. Propos rapportés par L’essentiel

Commentaire

Face à la politisation de la question des migrants, leur stigmatisation et la xénophobie croissante créée par les politiciens et les médias occidentaux nous observons une autre tendance. Il y a une énorme solidarité grandissante avec les réfugiés et la prise de conscience par la population de ces pays que leurs problèmes sont le produit de la nouvelle politique colonialiste des États-Unis et d’autres pays occidentaux et que les réfugiés sont des victimes impuissantes de ces politiques qui ont besoin d’aide et de sympathie.

Hayro

Membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils




Quel asile pour les Géorgiens ?

Plus besoin de visas pour les Géorgiens pour se rendre en Europe

Auteur: Georgi

Les citoyens Géorgiens n’auront plus besoin de visa pour se rendre en Europe

Décidée en décembre 2016 par la Commission européenne, la suppression des visas pour les ressortissants Géorgiens permettra à ces derniers de se déplacer librement dans l’espace Schengen dont fait partie la Suisse.

Cette suppression de l’obligation pour les citoyens géorgiens d’être en possession d’un visa pour circuler dans l’espace Schengen a pour but de rapprocher l’ex-pays du bloc communiste et l’Union européenne mais peut toutefois être suspendue en cas d’augmentation de la migration irrégulière. Une victoire diplomatique donc pour le pays du Caucase, qui pose cependant des interrogations quant aux demandeurs d’asile venant de Géorgie. Sera-t-il désormais possible pour ses ressortissants de déposer une demande d’asile auprès d’un pays signataire de l’accord de Schengen ? Quel sera le statut des requérants d’asile Géorgiens déjà en attente de décision ? Telles sont les questions en suspens auxquelles les Géorgiens tributaires de l’asile attendent des réponses.

Nicolas Kalbfuss

Civiliste à la rédaction vaudoise de Voix d’Exils

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