«Guinée-Bissau, Mère souffrance, cri d’un bissau guinéen»

Lamine en compagnie de Fabien de Radio Django

Radio Django a diffusé sur ses ondes une chronique autour des problèmes socio-économiques et politiques que traverse la Guinée-Bissau aujourd’hui et dont est victime la population.¨

 

Depuis de nombreuses années, la République de Guinée-Bissau est toujours dans l’instabilité et traverse des difficultés socio-économiques et politiques. Le 19 Septembre 2017, Voix d’Exils a présenté une chronique sur les ondes de Radio Django. Composée de deux parties, elle traite d’abord de la situation générale du pays. Puis, Lamine narre un récit original d’un auteur bissau guinéen qui s’adresse à sa nation. Traduit du portugais, «Guinée-Bissau, Mère souffrance ! Cri d’un bissau guinéen» est l’œuvre de Deulinalom Fernando Cambanco.

Pour écouter la chronique, cliquez ici

La rédaction vaudoise de Voix d’Exils




Une Bibliothèque vivante à Romainmôtier

Photo 1 : arrangement des postes pour les dialogues avec les intervenants. Photo : Voix d’Exils

Vaud – La manifestation Migration in Mind a réuni plus d’une centaine de visiteurs pour une approche 360° de la migration.

Le 3 septembre 2017, la Résidence d’artistes Arc, l’association Romainmôtier Contemporain et l’espace dAM en collaboration avec le ciné-club Croy et la cinémathèque Suisse ont organisé Migration in mind: un événement artistique participatif autour de la migration dans la maison des moines à Romainmôtier.

Cet événement artistique était basé sur le principe de la rencontre et du dialogue. Il portait sur 28 sujets différents liés à la problématique de la migration. Des rangées de petites tables éclairées avaient été installées, autant de postes pour favoriser les rencontres et les échanges. Cela a permis de proposer des tête-à-tête de 30 minutes autour d’un thème précis, d’une expérience donnée ou d’un savoir pointu préalablement choisi par le visiteur ou le lecteur. Des hôtes (artistes, migrants, spécialistes de la migration, chercheurs, organisateurs, autorités, etc.) spécialisés dans divers domaines  sélectionnés et établis sur de nombreux postes ont accueilli chaque visiteur ou lecteur, l’invitant au dialogue interpersonnel.

Photo 1 : arrangement des postes pour les dialogues avec les intervenants. Photo : Voix d’Exils

S’en est suivi des projections de films ayant pour thème « la migration » sélectionnés par Caroline Fournier et Miguel Alarcon du Ciné-club Croy, en collaboration avec la Cinémathèque Suisse.

Cette manifestation artistique a favorisé des rencontres et des échanges solidaires.

Rencontre avec Sébastien Mettraux, artiste peintre et membre de l’Espace Voie 3 de la gare de Vallorbe

Sébastien Mettraux, artiste peintre

Lors de Migration in Mind, la rédaction de Voix d’Exils a rencontré Sebastien Mettraux, un artiste peintre de l’Espace Voie 3 de la gare de Vallorbe, commissaire de la première exposition sur l’art contemporain (expositions sur les machines «Ex Machina» : une série de 21 peintures à l’huile) qui a eu lieu du 21 mai au 18 juin à Vallorbe et co-organisée avec le centre d’art d’Yverdon. Celui-ci nous raconte l’histoire de la gare qui est un symbole de puissance suisse :

«La gare de Vallorbe, édifice centenaire qui fut autrefois la 6ème plus grande gare du pays, fait partie de la vingtaine de lieux programmés dans le canton de Vaud pour les journées du patrimoine 2017 autour du thème «l’héritage du pouvoir». Les dimensions démesurées de ce bâtiment visaient à impressionner le voyageur lors de son arrivée en Suisse, cette ancienne gare internationale a été construite comme un symbole de puissance. L’exposition réunit les travaux de 6 artistes. Leurs sculptures et peintures dialoguent avec ce lieu historique et questionnent son rapport à la notion de pouvoir. Les œuvres présentées font référence à de nombreuses anecdotes de l’histoire du lieu : autrefois chantier colossal défiant la nature, zone frontière et de contrôle, lieu de passage international de l’Orient Express.»

Lamine

Membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils

Diversités des intervenants lors de la manifestation

De nombreux corps de métiers et domaines d’activités étaient représentés à Migration in Mind. Parmi ceux-ci, participaient des spécialistes de domaines suivants : histoire, politique, humanitaire, biographie, arts vivants, plantes invasives, tourisme, architecture, exil, géologie, chorégraphie, photographie, militantisme, sociologie, bénévolat, etc.

En plus de toutes ces personnes, ont participé des représentants de Voix d’Exils : Omar, Niangu et Lamine. Ils ont évoqué leur expérience de Voix d’Exils et témoigné des conditions de vie des requérant d’asile en Suisse.

L.S

 

 




Une surprise de taille pour la Petite Géante

Photo: rédaction valaisanne de Voix d’Exils

Du 29 septembre au 1 octobre, la sage Genève s’offrira une grande fête populaire avec la visite de marionnettes géantes : une grand-mère de 7,50 mètres de haut accompagnée de sa petite-fille, 5,50 mètres sous la toise.

Quel cadeau de bienvenue peut-on bien offrir à une Petite Géante qui vient découvrir la Suisse ? Au centre de formation du Botza, au pied des monts valaisans, on n’a pas tardé à trouver la réponse : ce sera une paire de skis taille XXXXL !

L’idée est belle et, sur le papier, tout est simple. Mais réaliser une paire de skis de 5 mètres de long, avec une fixation métallique et des brides de cuir à l’ancienne, accompagnée de sa paire de bâtons assortis, représente un grand défi. Les requérants d’asile des ateliers de menuiserie et de serrurerie ont donné le meilleur d’eux-mêmes, pendant de longues semaines, pour passer du rêve à la réalité. Avec une mention spéciale au jeune mineur non accompagné qui, à 16 ans et demi, s’est révélé un as du travail du cuir au point de dépasser très vite ses formateurs !

Photo: rédaction valaisanne de Voix d’Exils

Aujourd’hui, le pari est gagné : les skis ont quitté les ateliers du Botza pour la gare de Genève, où ils seront exposés jusqu’à l’arrivée de la Petite Géante. Il faut espérer que les usagers de la gare, ordinairement pressés et le nez sur leurs portables, sauront s’arrêter pour admirer le savoir-faire de l’équipe d’artisans. Qu’ils prendront le temps, leur attaché-case à la main, de retomber en enfance, de s’émerveiller et de rêver un peu, tout simplement.

Photo: rédaction valaisanne de Voix d’Exils

On sait déjà que la Petite Géante est espiègle et qu’elle aime faire de la trottinette sur les boulevards des villes qu’elle visite. Grâce aux requérants d’asile du Canton du Valais, elle pourra essayer le ski. Et si elle s’entraîne bien, le Valais lui donne rendez-vous pour les Jeux Olympiques de 2026 !

La rédaction valaisanne de Voix d’Exils

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Le journal de #MadameÉtrangère

 

Auteure: #MadameÉtrangère

#MadameÉtrangère: les derniers épisodes

Découvrez chaque semaine, sur le profil Facebook de Voix d’Exils, les pensées farfelues, parfois brutes mais toujours sincères de Madame Étrangère, une requérante d’asile vivant dans le canton de Vaud.

Mardi 6 juin 2017

****Crève, toi et ton débile journal !****

Cette semaine commence aujourd’hui, mardi. (Hier, c’était la fête.) Pendant ce long week-end de Pentecôte, tout ce qui était comestible a été mangé, du coup il faudra faire les commissions. Je me dirige vers le réseau commercial le plus populaire parmi les migrants, chez ALDI. Oups ! Qu’est-ce que j’ai dit là !? C’est possible que la formulation « le plus populaire parmi les migrants » puisse jeter une ombre sur la réputation d’une entreprise ?

Voyons voir… Si je dis « La vie choisit Tesla », je crois que « Tesla Motors » sera contente. Mais si je dis « Les migrants choisissent Tesla » ? C’est encore de la pub ou c’est déjà de l’antipub pour cette entreprise? Peut-être, par mégarde, j’ai piqué au vif Monsieur le Président directeur général de « Tesla Motors »  et maintenant il se sent offensé et pense «Crève, toi et ton débile journal !»

 

Auteure: #MadameÉtrangère

Jeudi 17 août 2017

****C’est le calme plat****

Je suis là, mais mon esprit est ailleurs. Il est très loin de moi, il voyage. Il n’y a ni affliction, ni jubilation, ni trahison, ni fidélité, ni chagrin, ni joie. Silence, indifférence, vide. C’est le calme plat. C’est un pressentiment de l’automne.

Auteure: #MadameÉtrangère

 

Mercredi 7 juin 2017

****C’est elle ! ****

Le silence.

Les fenêtres sont fermées. Le vent force les arbres à bouger, mais en silence, les fenêtres sont bien fermées. Nuages.

La porte est entrebâillée. Il n’y a personne dans le couloir.

Le silence.

Ça fait longtemps que le café a refroidi.

Les aiguilles de l’horloge ont avancé et se sont figées à 17h30.

Mon ami étranger m’a regardée. Pas un mot. Lui sait, moi je sais. Il ne nous reste qu’à attendre.

Le silence……………………

Brusquement le téléphone sonne et le silence est déchiré, écrasé, abattu, humilié et jeté à la poubelle.

Mon ami murmure « C’est elle… »

Je prends son appareil et je réponds « Allô… »

Oui, c’était elle. Mon ami ne s’était pas trompé. C’était son assistante sociale qui appelait pour lui expliquer… j’ai déjà oublié quoi, mais ce n’était pas très important… Moi, j’ai joué les intermédiaires dans cette conversation.

Le téléphone, c’est une malédiction pour les nouveaux arrivants. Comprendre quoi que ce soit sans voir les yeux et les gestes de l’interlocuteur alors que ta compréhension orale cloche, c’est un obstacle insurmontable ! Plus facile de prendre du temps dans les transports publics, de traverser toute la ville, d’attendre le rendez-vous et enfin d’avoir une conversation en tête-à-tête, que de parler au téléphone avec l’assistant social, ou d’ailleurs avec le médecin, avec l’avocat, avec le réceptionniste, avec qui que ce soit.

Bref. Mon ami avec ses 8 mois d’étude de français a laconiquement résumé sa relation téléphonique avec son assistante sociale : «Que son téléphone brûle !!! »

Auteure: #MadameÉtrangère

 

Vendredi 9 juin 2017

****Je dois signaler aux féministes…****

Ma copine S a trouvé un job. Je suis jalouse.

Si j’avais l’autorisation de travailler, j’aurais pu aussi travailler. Même comme taupière. J’aurais chassé des taupes et aurais collecté leurs queues. J’ai entendu dire qu’après il fallait les apporter à une poste où elles étaient payées. Je les aurais livrées à l’office de poste à la place Saint-François, au centre ville de Lausanne. Là-bas j’aurais pris un ticket, j’aurais attendu mon tour et ensuite au guichet j’aurais déposé deux sachets : l’un avec les queues de mâles et l’autre avec les queues de femelles. Un homme qui était taupier à l’époque m’a dit qu’autrefois les queues de mâles étaient beaucoup mieux payées que les queues de femelles. Ça me fait réfléchir… Si cette situation ambigüe persiste encore aujourd’hui, je dois la signaler aux féministes : la discrimination fondée sur le sexe règne honteusement dans le marché des queues de taupes et pas seulement…

Auteure: #MadameÉtrangère

 

 




La guerre s’éternise en Afghanistan

« Il n’y a pas de paix dans la fuite ! » Auteur: Rahmat GUL

Jeudi 31 août, le secrétaire à la Défense américain Jim Mattis annonce l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan. Aux 11’000 militaires déjà présents s’ajouteraient 3900 soldats afin de « permettre aux forces afghanes de combattre plus efficacement ». Mais combattre quoi précisément ?

L’Afghanistan est un pays d’une grande importance stratégique, entouré par les pays d’Asie centrale, de l’Iran, du Pakistan et de la Chine. Il a été ravagé par la guerre durant près de quatre décennies. C’est une zone de convergence d’intérêt des superpuissances mondiales qui y interviennent pour leurs objectifs stratégiques. Les Russes l’ont d’abord envahi au début des années 1970, ce qui a causé 1,5 million de morts et 1,3 million de blessés et les Américains leur ont succédé avec leurs alliés et y ont « lutté » contre le terrorisme pendant les treize dernières années sans résultats tangibles.

Des espions étrangers érigés en gouvernants

Le seul moyen d’envahir un pays, c’est de corrompre les principales composantes de sa société: les communautés politiques, religieuses, sociales et économiques. L’Afghanistan est gangrené par les mêmes maux depuis plus de 40 ans. Les Russes ont établi et soutenu différents partis politiques et les ont ensuite utilisés pour gouverner le pays conformément à leurs intérêts. Pour les chasser, les Américains ont dû créer une armée de guerriers connue sous le nom de « guerriers gorilles », aussi appelés les Moujahidines. Les dirigeants religieux et les prédicateurs islamiques ont été repérés et choisis comme chefs des sept groupes armés qui se sont combattus. Ils ont été soutenus en permanence, directement ou indirectement, par les Américains et leurs alliés de l’OTAN dans le but de se faire une guerre dont l’objectif final leur est inconnu.

Une éducation qui se cherche

Sous la présidence de Sardar Mohammad Daud Khan, l’Afghanistan était très connu pour son rapide taux de croissance économique et son haut niveau d’éducation. Comme le système éducatif était capable d’absorber plus d’étudiants que les besoins de la population locale, les gens des pays voisins venaient à l’université de Kaboul pour suivre une  formation supérieure. Mais, malheureusement, avec les interventions des forces étrangères, le système s’est affaibli. À l’arrivée des Moujahidines, les écoles mixtes n’étaient plus autorisées. Les filles et les femmes allaient à l’école couvertes d’une burka. Avec le régime des Talibans, c’est devenu pire, la scolarisation des filles et des femmes a été totalement interdite. Depuis que Karzai a accédé au pouvoir, le système scolaire s’est beaucoup amélioré et maintenant 38% de la population a accès à l’enseignement secondaire et supérieur.

Absence d’état de droit et taux élevé de corruption

Dans un pays où coexistent 45 alliances étrangères soutenant le développement d’un pays en conflit, l’afflux de milliards de dollars pour une nation désespérée était indigeste. Ce qui rendait la plupart des membres du gouvernement, des députés, des dirigeants politiques, des juges, des responsables de la police peu motivés par la mise en œuvre et le soutien de l’Etat de droit. Tout en approuvant l’afflux en masse et en vrac de dollars, ils ont promu la culture de la corruption jusqu’à faire oublier aux Afghans la monnaie locale (l’Afghani). Par conséquence, les personnes qui ont eu accès à cette manne sont très vite devenues riches. Alors que les couches moyennes et pauvres n’ont eu d’autres choix que de participer, en spectatrices, au meurtre de leurs droits. Ils voient les gratte-ciels de luxe des chasseurs de dollars pousser comme des champignons.

Le travail des mineurs devient la normalité

Vu que la guerre continue dans le pays, les infrastructures, les systèmes éducatifs, judiciaires et de défense ont été complètement détruits. Beaucoup de chefs de famille ont été tués ou handicapés à vie, ce qui a eu pour conséquence l’explosion du travail des enfants. La misère et les ravages de la guerre qui ont fait une trentaine de millions de victimes expliquent le travail des enfants est accepté et même très demandé parce qu’il coûte moins cher. Les enfants sont actifs dans le lavage de voitures, la boulangerie, la boucherie, la couture, la construction, les travaux mécaniques etc…

De bas salaires et un taux de chômage élevé

Aujourd’hui en Afghanistan, toute la population n’a pas accès aux emplois publics parce que les postes disponibles sont vendus ou attribués par les clans plutôt que par compétence et niveau d’éducation. Le salaire minimum se situe autour de 3’000 Afghani (50$) à 10’000 Afghani (166$) alors que le coût de la vie est élevé. Ce qui pousse certains employés du gouvernement à entrer dans le système de corruption. Dans ce contexte, les jeunes diplômés ne trouvent pas l’occasion de gagner leur vie et fuient le pays ou se suicident. La population analphabète se joint aux Talibans ou Daesh parce que ceux-ci paient 10’000 Afghani par mois pour faire le Jihad.

L’émergence de nouveaux groupes terroristes : les Talibans et Daesh

L’invasion des Talibans et de Daesh est la principale menace pour la nation Afghane. Les Américains et leurs alliés ont échoués dans leur guerre en Irak et en Afghanistan. Ils justifient leur présence par le soutien à l’armée afghane dans la région. Cependant, ils visent uniquement la réalisation de leurs objectifs stratégiques initiés il y a plus de 50 ans. Ils ont établi, formé et soutenu les Taliban et Daesh par l’intermédiaire de l’agence ISI du Pakistan et les leaders Arabes. Tout en faisant semblant de les combattre en apparence. Le plus étonnant, c’est que les gens qui servent les deux groupes ne connaissent ni l’islam, ni le Coran et encore moins la prière. Par contre, ils croient que s’ils tuent d’autres personnes, ils entreront au paradis, ce qui est purement non Islamique et non humanitaire. Un verset du Coran dit : « Lorsque tu tues un innocent c’est comme si tu as tué toute l’humanité ».

La rédaction valaisanne de Voix d’Exils

Principale source:

Le Huffington Post