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Sept ans que la guerre fait rage en Syrie

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Photo illustration: Delawer Omer
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Illustration: Delawer Omer

Aux origines de la révolution syrienne

La révolution syrienne a commencé à Deraa, le 18 mars 2011, avec un groupe d’enfants qui ont fait des graffitis contre le régime et qui ont été torturés pour cela.[1]

Six ans plus tard, le pays est au cœur d’une guerre terrifiante qui a provoqué le déplacement de la moitié de la population syrienne et qui a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes.

Début 2011, la population de Syrie comptait 23 millions d’habitants pour une superficie de 185’000 km². Cette Syrie était le résultat du démembrement de l’Empire ottoman par les Français et les Anglais. Elle a été établie après la Première Guerre mondiale et mise sous mandat français jusqu’en 1946. [2]

Photo illustration: Delawer Omer

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La Syrie indépendante a vécu des périodes démocratiques, avec des transitions du pouvoir et des élections pacifiques. C’était avant l’arrivée au pouvoir de Hafez Al-Assad, suite à un coup d’état militaire en 1971. [3] A la mort du Président Assad, la Constitution syrienne a été changée de manière non démocratique pour que son fils Bachar Al-Assad accède au pouvoir et continue la politique totalitaire et autoritaire de son père. [2]

En 2011, le monde arabe est traversé par des soulèvements populaires contre le pouvoir en place. Le vent du « printemps arabe » souffle sur la Syrie. Des premiers appels à manifester sont lancés sur les réseaux sociaux syriens en février 2011, plus précisément le 4 février 2011, lorsque des publications sur Facebook invitent les Syriens à suivre l’exemple tunisien, puis égyptien.[5]

Vers la mi-mars 2011, dix-huit enfants, entre 10 et 14 ans, ont tracé en jouant sur le mur de leur école primaire de Deraa, dans le sud du pays, un slogan entré dans l’histoire : « Jay alek eil ed-dor ya doctor ». (« Ton tour arrive, Docteur »), « Docteur » est le surnom de Bachar Al-Assad, ophtalmologue de formation. Ces enfants ont aussi fait d’autres graffitis sur les murs « le peuple veut la fin du régime » imitant ainsi les slogans égyptiens.

Les forces de sécurité politique, dirigées localement par le cousin du président Assad – Atef Najib – ont enfermé ces enfants et les ont torturés. Lorsque leurs familles et les notables de la région se sont rendus au bureau du gouverneur pour exiger leur libération, ils ont réussi à rencontrer Atef Najib. Il leur a dit : « oubliez vos enfants et laissez vos femmes faire d’autres enfants et si ça ne joue pas, envoyez-nous vos femmes et nous les engrosserons ». Ces familles et les notables ont été chassés et humiliés. Les enfants sont restés en prison.

Photo illustration: Delawer Omer

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La première manifestation, a eu lieu vendredi 18 mars 2011 réclamant la libération des enfants (c’est pour cette raison que les Syriens sur les réseaux sociaux ont nommé ce vendredi « jumaat el karama » «  la dignité du vendredi ») . Les forces de sécurité l’ont brutalement réprimée et ont tiré sur les manifestants tuant au moins cinq personnes. [4]

Ensuite, les forces de sécurité ont relâché certains des enfants pour apaiser les esprits. Leurs familles ont découvert alors des traces de coups sur leurs corps ; l’un d’entre eux avait les ongles arrachés.

La seconde manifestation a eu lieu mercredi 23 mars 2011, pour réclamer des sanctions contre Atef Najib, responsable des tortures et du premier massacre. Des dizaines de morts sont tombés sous les balles des forces du régime à Deraa. La mosquée Al-Omari, où les manifestants s’étaient réfugiés, a été envahie par les troupes du gouvernement sous prétexte de la présence d’armes et d’explosifs à l’intérieur de cette mosquée. [4]

Cet événement a mis en lumière le douloureux ressentiment de la majorité sunnite en Syrie, cette majorité écartée du pouvoir depuis quatre décennies, la minorité alaouite dirigeant la politique et ayant la mainmise sur tout le pays.

Cette première manifestation pacifique de contestation du pouvoir du 18 mars 2011 dans la ville de Deraa se répandit très rapidement dans la totalité du pays. Le régime totalitaire de Al-Assad réprima et opprima brutalement les manifestants qui réclamaient la justice, la liberté, la dignité pour la Syrie. [5] C’est ainsi qu’en moins de 9 mois de manifestations en Syrie, le régime assassina sur ordre du Président plus que 5000 manifestants. Ainsi commença l’exode syrien pour fuir la violence de ce régime.

Aujourd’hui, il y a des millions des réfugiés éparpillés partout dans le monde et 60 pays impliqués dans ce conflit qui n’en finit plus. [6]

 Namaat Shaherly pour la rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

Les sources :

  1. http://www.lemonde.fr/international/article/2013/03/08/les-enfants-de-deraa-l-etincelle-de-l-insurrection_1845327_3210.html
  2. http://www.leconflitsyrienpourlesnuls.org/document/i-de-la-revolution-a-la-guerre-civile/
  3. http://www.lesclesdumoyenorient.com/Hafez-al-Assad-et-la-creation-de-l.html
  4. http://www.liberation.fr/planete/2011/03/24/syrie-deraa-sept-jours-de-soulevement_724052
  5. http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/du-soulevement-a-la-guerre-deux-ans-de-crise-en-syrie_1231143.html
  6. http://www.sudouest.fr/2017/03/15/six-ans-de-guerre-en-syrie-un-effroyable-bilan-3273322-4803.php

 

 

 

 

 



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Un commentaire a Sept ans que la guerre fait rage en Syrie

  1. Jima dit :

    Le vent du « Printemps Arabe » a entraîné dans son sillage,des flammes,des explosions,la mort,l’exil. Dans la fumée, et les décombres, la colombe peine à retrouver les « siens ».Vraiment horrible…

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