Hallowevam

 

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d'Exils

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils.

Quand Halloween s’invite à l’EVAM

Comme on le sait si bien, la nourriture est l’une des rares choses qui mette tout le monde d’accord. Vendredi dernier, le comité Respire, dont la mission est de favoriser une meilleure communication au sein de l’EVAM, l’avait bien compris. Comment ? En mettant à l’orange les bénéficiaires et les employés de l’institution pour déguster la traditionnelle soupe à la courge au pied du bâtiment administratif de Chavannes 33 à Lausanne.

Pas chômeuses Bertrandine et Jeanne Pierrette qui ont généreusement distribué leur potion orange à la pause midi en plein air. Le breuvage a eu le mérite de rassembler les bénéficiaires et les employés dans un moment de complicité tout en rendant hommage à cette fête païenne qu’est Halloween. Car, bien qu’assimilée parfois à une fête chrétienne, Halloween ne serait autre que le jour du nouvel an dans la tradition celte. Très populaire dans les pays anglo-saxons, elle précède de deux jours la fête catholique des morts.

Bien que fêter la nouvelle année paraisse encore lointain dans nos contrées, le comité Respire a réussi à recréer avec brio la magie de ce moment annuel de convivialité.

Nicolas Kalbfuss

Civiliste à la rédaction vaudoise de Voix d’Exils

 

Les photos de l’événement

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d'Exils

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils

 

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d'Exils

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils.

 

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d'Exils

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Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d'Exils

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Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d'Exils

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils

 

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d'Exils

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Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d'Exils

Photo: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils




Malgré tout, je vais continuer à me battre!

Auteur: Moaz Sabbagh

Auteur: Moaz Sabbagh

 

Un périple d’Afghanistan jusqu’en Suisse

J’hésite à raconter mon histoire, tant il est difficile de parler de la réalité de ma vie si douloureuse. Mais cela pourrait être une leçon intéressante pour celles et ceux qui rêvent de venir en Europe, même s’ils sont confrontés à de réelles menaces dans leur pays. 

J’ai vécu la pire expérience de ma vie le jour où deux de mes enfants ont été pris au piège dans leur école lors d’une attaque terroriste à Kaboul. J’ai reçu un appel me disant que mes enfants étaient en danger et il m’a été extrêmement difficile d’arriver jusqu’à eux. Une fois récupérés, nous sommes rentrés à la maison ; mes enfants étaient tellement choqués qu’ils ont refusé de retourner à l’école pendant plusieurs jours.

Nos vies en danger

Afin de mettre notre famille en sécurité, ma femme est partie avec nos enfants chez sa mère, au Pakistan. Puis j’ai voulu les rejoindre et les ramener en ce jour du 16 octobre 2015, un jour qui a marqué ma vie à jamais. En effet, comme c’était un voyage risqué, j’ai pris un taxi collectif, sans arme et sans documents. À un moment donné, le chauffeur a reçu un appel et a donné sa position à son interlocuteur: c’était une embuscade. J’ai pensé mourir ce jour-là. Le chauffeur, étant complice, fut libéré. Mes ravisseurs m’ont frappé, malgré mes supplications, et m’ont laissé pour mort. Je me suis réveillé avec mes vêtements souillés de sang et le nez cassé. J’ai pu rentrer avec l’aide des habitants de la région. Je ne me suis pas plaint auprès des autorités car la suite m’était déjà connue: « Nous vous avons donné un droit de port d’arme, vous pouvez vous défendre et protéger votre famille » même s’ils savent que ceux qui se font prendre avec une arme par les Talibans se font tuer immédiatement.

Les préparatifs

J’ai décidé de quitter le pays mais je n’avais pas grand-chose. Le peu de biens que j’avais, je l’ai bradé. Avec l’argent reçu j’ai réglé mes dettes. Je voulais utiliser le reste de cette somme pour acquérir un visa turc pour toute la famille, mais je n’en ai finalement obtenu que trois : pour ma femme, mon plus jeune enfant et moi. Ce fut une décision très difficile à prendre mais j’ai dû laisser mes deux enfants plus âgés à ma belle-mère. C’était la seule alternative possible.

La fuite

En octobre 2015, nous avons quitté le pays, sans avoir averti ma mère, car je ne voulais pas la mettre en danger ni la bouleverser. Nous sommes partis pour la Turquie. Nous avons risqué la mort en venant en Grèce dans un petit bateau en caoutchouc transportant plus de cinquante personnes, mais nous n’avions pas le choix. Plus tard, nous avons pris le train pour la Hongrie, un pays dangereux pour les demandeurs d’asile. Je redécouvrais une Europe différente de celle que je connaissais à travers les voyages officiels et les protocoles diplomatiques.

La Suisse

J’ai décidé de venir en Suisse à cause de sa réputation de neutralité et de démocratie: presque le ciel sur la terre. Arrivés à Buchs en train, nous avons été envoyés à Glaubenberg, près de Lucerne et de là nous avons été transférés au CEP de Vallorbe. Une semaine plus tard, nous avons passé notre première audition. La femme qui nous a écoutés s’est montrée très compréhensive et nous a promis de relayer notre requête de regroupement familial à qui de droit.

L’arrivée en Valais

Le Secrétariat d’Etat aux Migrations (SEM) a décidé de nous envoyer à St-Gingolph, dans le Canton du Valais. Mon épouse, déjà déprimée, s’isolait car elle pensait beaucoup à nos enfants. Je suis allé voir une conseillère juridique pour trouver une solution au problème de mes enfants. Je suis tombé de haut car sa première question a été: « Qui vous a conseillé de venir en Suisse ? Vous devriez savoir que la Suisse accorde difficilement l’asile ; vous risquez aussi d’avoir une décision Dublin ». Je suis sorti bouleversé de son bureau. J’ai pensé qu’il valait mieux me mettre au travail plutôt que de rester dans ma chambre et j’ai demandé une occupation. J’ai commencé par la cuisine, même si je suis une personne diplômée, avec 8 ans d’expérience professionnelle au niveau national et international.

Des démarches sans résultat

Les multiples démarches auprès de la Croix-Rouge, de l’OIM, du HCR et de l’ambassade Suisse à Islamabad pour faire venir mes enfants restent vaines et cette incertitude pèse sur nous au point qu’il nous semble vivre comme des étrangers sous le même toit. J’ai pensé rentrer au pays, mais cela signifiait, pour moi, un suicide. J’ai finalement renoncé. J’essaie de survivre mais cette souffrance me consume. Comment résister aux cris de mon fils qui dans ses cauchemars appelle son frère et sa sœur? Au téléphone, mes deux enfants pensent que je les ai trahis et refusent de me parler. Je suis à bout d’explications.

Je suis une personne désespérée sur cette Terre : j’ai perdu ma dignité, mon statut social, ma fierté, ma richesse, mes amis et mes parents. Je voudrais dire à mes enfants: «Pardon, je n’ai pas réussi à sauver notre famille et à vous emmener avec moi». Je place mon seul espoir en Allah. Je me sens faible et je suis fatigué de donner le change en société, en me forçant à sourire. Mais malgré tout, je vais continuer à me battre et j’espère que nous trouverons une solution à tous nos problèmes.

Kakar Mohammad Tariq

Membre de la rédaction valaisanne de Voix d’Exils

 




« Les migrants ont besoin d’un meilleur accès aux prêts pour lancer leur commerce »

Al Hasheme Arkan dans son garage au travail. Photo: Haider, membre de la rédaction neuchâteloise de Voix d'Exils.

Al Hasheme Arkan dans son garage au travail. Photo: Haider, membre de la rédaction neuchâteloise. de Voix d’Exils.

Le dossier de la rédaction: les migrants entrepreneurs

D’origine irakienne, Al Hasheme Arkan vit à Neuchâtel depuis 20 ans et a monté un commerce de voitures. De père arabe et de mère kurde, Arkan a trois enfants et vient de Bagdad. De famille laïque il est diplômé de la haute école d’Irak Al Sharquia et parle sept langues: l’arabe, le kurde, le persan, le turque, l’allemand, l’anglais et le français. Il est arrivé en suisse avec le statut de réfugié politique.

Qu’avez-vous fait depuis que vous êtes en Suisse ?

J’ai commencé par chercher un travail auprès des restaurateurs. Ce n’était pas pour gagner de l’argent mais pour apprendre le français et pour mieux connaître la Suisse. C’était aussi une façon d’intégrer la communauté suisse.

Ensuite, j’ai travaillé comme indépendant dans le commerce automobile.

Comment vous est venu l’idée d’ouvrir ce commerce ?

L’idée m’est venue d’Irak. Comme dans mon pays il y a un grand besoin de voitures, j’ai commencé par en acheter de tous les modèles pour les envoyer en Irak et j’ai ainsi continué cette occupation jusqu’à ce jour soit : l’achat, la vente ou la location de véhicules à moteurs.

 Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées pour débuter votre activité professionnelle?

Au début, j’avais besoin de liquidités pour lancer ce commerce. L’argent était mon seul obstacle, car il faut avancer une grande somme d’argent pour ce genre d’activité. Le manque d’argent limite souvent l’activité des réfugiés. Ils ont besoin d’un meilleur accès aux prêts pour développer un commerce. Je suggère aux Etats d’offrir des microcrédits pour les petites entreprises. Comme ça, les débutants peuvent entreprendre leur projet et rembourser petit à petit en gardant un petit bénéfice.

Al Hasheme Arkan devant son garage au travail. Photo: Haider, membre de la rédaction neuchâteloise de Voix d'Exils.

Al Hasheme Arkan devant son garage au travail. Photo: Haider, membre de la rédaction neuchâteloise de Voix d’Exils.

Est-ce que c’était facile pour vous de vous intégrer ?

Il y a 20 ans, ce n’était pas facile car nous étions peu et mal connus par la population Suisse. Depuis, grâce à l’augmentation de la population étrangère, c’est devenu plus facile de s’intégrer et d’être accepté car une meilleure connaissance des migrants change tout. C’est aussi plus facile aujourd’hui parce qu’il y a beaucoup d’associations qui offrent du soutien aux demandeurs d’asile. La population suisse cherche aussi davantage l’échange avec les migrants. Mais c’est aussi leur responsabilité de s’intégrer et de s’engager activement dans la société.

 Quels sont vos conseils aux migrants pour devenir indépendant ?

Pour être à l’aise dans cette société, il faut apprendre la langue au plus vite. Il faut encore comprendre le système de vie, la mentalité, le mode de pensée, les codes du travail. C’est bien aussi de partager socialement au moyen des réseaux sociaux.

Quel est votre apport à la Suisse ?

 Bien que difficile à dire, pour moi la Suisse c’est mon pays. Généralement, les migrants apportent beaucoup de choses, des idées ainsi que d’autres visions de la vie selon leur origine, leurs connaissances et leur culture. Je peux dire que l’apport des réfugiés permet plus d’ouverture, de remise en question et d’humanité dans les rapports sociaux.

Comment vous trouvez la Suisse ?

Très sociale, démocratique, laïque, et avant tout un pays d’humanité. Je peux dire que c’est le paradis sur terre. Elle cherche surtout le bien pour l’humanité, et pour cela j’aimerais dire à tout le monde : les Suisses, les réfugiés, les migrants, les étrangers qu’il faut protéger ce pays comme l’on protège ses yeux, parce qu’il nous donne la sécurité d’abord et la paix et ça, c’est le plus important.

Al Hasheme Arkan au bord du lac. Photo: Haider, membre de la rédaction neuchâteloise de Voix d'Exils.

Al Hasheme Arkan en famille au bord du lac de Neuchâtel. Photo: Haider, membre de la rédaction neuchâteloise de Voix d’Exils.

Est-ce que vous pensez rentrer dans votre pays un jour ?

Je ne peux pas quitter la Suisse parce que j’ai déjà vécu 20 ans ici. J’ai des amis Suisse, des connaissances, mes enfants ils ont grandi là. Mon avenir est dans ce pays, ce ne serait pas facile de le quitter.

Pour moi, c’est mon pays d’origine, il me donne tout…Je ne pense pas qu’un jour je quitterai le paradis pour l’enfer, malheureusement.

 Haider

Membre de la rédaction neuchâteloise de Voix d’Exils

 




Les Rencontres d’ici et d’ailleurs à Sion

Le défilé des communautés. Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

Le défilé des communautés. Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

Un 10ème anniversaire très festif

Cela fait 10 ans que les Rencontres d’ici et d’ailleurs (REDIDA) favorisent la bonne entente interculturelle dans la ville de Sion, où 120 nationalités cohabitent paisiblement. Une décennie, cela se fête !  

Au terme d’une semaine culturelle du 20 au 27 août, le week-end a fait place à de nombreuses animations. Le vendredi soir, la place du Scex à Sion était noire de monde, certes avec plus de gens d’ailleurs que d’ici : une vraie mosaïque humaine composée d’Asiatiques, d’Occidentaux, d’Africains, de Latino-américains. Tous les âges étaient représentés. Les gens se pressaient pour voir le défilé des communautés en costumes traditionnels, apprécier la danse, la musique et aussi déguster les cuisines du monde. Les enfants, de leur côté, avaient accès à un espace de loisirs et à un jardin de rencontre avec des conteurs.

La rédaction valaisanne de Voix d’Exils a pu rencontrer les organisateurs, Monsieur Jean-Pascal Fournier, Président de REDIDA et Madame Christel Jost Sawadogo, déléguée à l’intégration de la Ville de Sion et coordinatrice des événements organisés par REDIDA. Elle a aussi approché quelques communautés participantes pour leur demander quel sens elles donnaient à cette fête.

Un langage universel

Dans son discours d’ouverture, Jean-Pascal Fournier a souligné que tous ces ingrédients de la fête avaient un langage universel. Il a souligné que la manifestation était vivante et que le côté novateur de l’édition 2016 se remarquait à travers le défilé et la présentation des communautés étrangères dans leurs habits traditionnels.

En expliquant les objectifs de REDIDA, Christel Jost Sawadogo a, quant à elle, insisté sur l’importance de « la sensibilisation de la population aux questions de rencontre, de diversité culturelle et du vivre ensemble ». A travers la participation d’une trentaine de communautés étrangères aux côtés des Suisses avec leur légendaire raclette, il y a lieu de se dire que le fruit est palpable.

Pour perpétuer son festival culinaire, REDIDA a mis à disposition de chaque communauté deux tentes pour « leur permettre […] d’échanger et de discuter avec le public», comme l’a souligné Christel Jost Sawadogo. Et Jean-Pascal Fournier de poursuivre : « si vous voulez réunir les gens, […] la cuisine est une porte d’entrée, […] un bon moyen de rentrer en contact avec eux ».

Un régal

La fête a été un régal, non seulement pour le palais, mais aussi pour les yeux, le nez, les oreilles, bref, l’humain avec ses cinq sens était convié. Dans une ambiance chaleureuse, Valaisans et étrangers ont pu trouver ce qui les rassemble et amène leurs cœurs à communier.

Pour le président et la coordinatrice des REDIDA, le bilan est positif malgré la mauvaise surprise faite par la pluie le samedi soir. L’échange, la discussion et le dialogue avec le public ont bel et bien eu lieu. La satisfaction est de mise également pour les communautés étrangères.

Que vive REDIDA!!!

La rédaction valaisanne de Voix d’Exils

Christel Jost Sawadogo et Jean-Pascal Fournier.

Christel Jost Sawadogo et Jean-Pascal Fournier.

 

Angola. C’est leur première participation. « Cette fête permet aux gens de se connaître et de se rapprocher des autres communautés. Nos enfants en grandissant connaîtront ainsi d’autres cultures. ». Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

Angola. C’est leur première participation. « Cette fête permet aux gens de se connaître et de se rapprocher des autres communautés. Nos enfants en grandissant connaîtront ainsi d’autres cultures. ». Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

 

Communauté tamoule originaire du nord du Sri-Lanka. Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

Communauté tamoule originaire du nord du Sri-Lanka. Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

 

Thaïlande. Cette dame qui participe aux REDIDA pour la quatrième fois apprécie beaucoup et trouve qu’il y a une belle équipe organisatrice. Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

Thaïlande. Cette dame qui participe aux REDIDA pour la quatrième fois apprécie beaucoup et trouve qu’il y a une belle équipe organisatrice. Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

 

Quelques spécialités d’ailleurs. Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

Quelques spécialités d’ailleurs. Photo : rédaction valaisanne de Voix d’Exils.

 

 




Dublin

Auteur: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d'Exils

Les accords de Dublin. Auteur: Giorgi, membre de la rédaction vaudoise de Voix d’Exils.